"Because we belong to the Earth, all people have the right to be able to choose their place of residence, to stay where she lives, or to move and settle freely without constraints on any part of the Earth."

Processus pour l'écriture d'une prémiere synthese de la CMM

En 2010, à partir des quatre propositions de Charte, la Coordination International a délégué à un de ses membres, Hicham Rachidi, la tache d’élaborer une synthèse. C’est sur base de cette synthèse qu’une nouvelle campagne d’amendements au niveau mondiale a été proposé à partir des coordinations continentales et des assemblées locales.





Ci-dessous nous vous proposons les échanges et les réflexions qui ont été menés lors de l’élaboration de cette synthèse.
 

Interview avec Hicham Rachidi, auteur de la synthèse de la Charte Mondiale des Migrants [1]


o   Comment as-tu travaillé sur la synthèse ? Sur quelle base as-tu décidé quoi mettre dans la synthèse ?
J’ai réalisé une matrice, un tableau à deux axes : en haut en horizontale, les différentes Chartes et en verticale à gauche, les différents principes proposées dans les Chartes. Sur base du tableau, j’ai pu voir les principes qui étaient communs aux différentes chartes. J’ai inscrit en priorité les principes présents dans les quatre Chartes.

o   Est-ce que il y a eu plusieurs drafts de la synthèse ?
Il y a eu en effet trois drafts : un avec les différentes confrontations (de qui ???); un avec les corrections de Gustavo Marin et un dernier avec les corrections de Jelloul Ben Hamida. 

o   Pourquoi n'avez-vous pas utilisé la formule avec « considérant » dans la synthèse, comme dans deux de propositions de Charte ?
Pour se distinguer des conventions internationales. C’est un procédé juridique normal que les conventions et les traités commencent par les « attendus » (considérant que, etc.) alors que les chartes et les déclarations annoncent des principes. Par exemple, il n’y a pas de « considérant » dans la déclaration universelle des droits de l’homme.

o   Pourquoi n'avez-vous pas utilisé le « nous » dans la synthèse ?
Car les différentes propositions de chartes venaient des quatre continents différents et qu’il n’y avait pas d’entité cohérente pour parler d’un « nous ». Les priorités des uns et des autres étaient différentes comme par exemple le développement et la participation politique en Amérique latine ou la défense des droits de l’homme en Afrique. 

o   Pas de références à la question féminine dans la synthèse
Car la perspective était inclusive et dépasse toute les catégories dont celle du genre.

o   La Charte de 2006 parle de « pas des distinctions sur la base du sexe », pourquoi pas dans la synthèse ?
Car ce n’était pas repris dans les autres chartes et parce que la charte était inclusive. Les droits humains sont indivisibles, universels, etc.

o   Pourquoi pas de références aux conventions internationales dans la synthèse? C'était un choix ?
Oui, pour se démarquer, par exemple, de l’initiative de la IMBR (International Migrants Bill of Rights[2]) qui se base sur les projets de l’ONU et toutes les lois et conventions internationales existantes et qui accorde encore une grande place au rôle des Etats dans la gestion des frontières. Par opposition à cela, la CMM se base sur le droit naturel. 

o   Pas de référence dans la synthèse au bipolarisme « droit/devoir » qui est d’ailleurs présent dans la proposition africaine
Car si on le mettait comme tel, cela voudrait dire qu’il y a un équilibre dans les rapports de forces entre les migrants et les Etats, ce qui n’est pas le cas. Insister sur les devoirs des migrants atténuerait ce déséquilibre qui est la principale revendication de la Charte.
  
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Premiers commentaires aux propositions des Charte en vu de l’élaboration de la synthèse


Ci-dessous nous vous proposons tout le processus d’écriture de la synthèse de la CMM. A partir de ces réflexions un premier draft a été élaboré, regroupant les traits saillants entre les quatre propositions. Ce document s’inspire entre autres de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme[3] et de la Déclaration des Droits des Citoyens de l’Afrique de Sud[4].

Méthodologie adoptée pour la synthèse[5]
Le présent document reviens sur les différentes chartes proposées en 2006 (Européenne), 2007 (Américaine) et 2008 (Asiatique et Africaine) avec comme objectif de faire ressortir les traits saillants (voir commentaires expliquant la pertinence de chaque disposition sur les marges) qui en forment l’ossature et dans un effort de synthèse regroupant les éléments pertinents (voir les commentaires en rouge constituent les éléments qui se répètent dans les différentes chartes et qui doivent logiquement être stipulés dans la synthèse) dans une charte qui constituerait la base du débat et du travail de négociation qui sera entamé à partir du mois de juin 2010 jusqu’à Février 2011.
L’Assemblée Mondiale des Migrants prévue sur l’ile de Gorée en 2011, sera l’instance habilitée pour adopter la Charte Mondiale des Migrants et amorcer le travail de mobilisation autour d’une alliance large pour en promouvoir les dispositions et les principes.

Les propositions de chartes avec les commentaires d’Hicham Rachidi

1/ EUROPE[A1] 
Nous migrantes et migrants,
Dans notre démarche pour construire un autre monde, conformément à la Charte de Porto Alegre[A2] 
Considérant que la Charte des Nations Unies encourage le respect universel et effectif des droits humains et des libertés fondamentales de tous les êtres humains, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion[A3] ,
Considérant que la Déclaration universelle des droits de l’homme proclame que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits, et que chacun-e peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans ladite Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ; et qu’elle proclame en outre que chacun-e a droit à la reconnaissance en tout lieu de sa personnalité juridique, que tous sont égaux devant la loi, peuvent se prévaloir, sans distinction, d’une protection égale de la loi et que tou-te-s ont droit à une protection égale contre toute discrimination pratiquée en violation de ladite Déclaration et contre toute incitation à une telle discrimination[A4] ,
Considérant que les migrant-e-s sont de plus en plus discriminé-e-s dans le monde, alors qu’ils et elles sont des personnes courageuses et dignes, favorisant la compréhension, la tolérance et l’amitié entre les peuples, et les premier-e-s à lutter contre la pauvreté dans le monde par leurs transferts de fonds et de savoirs[A5] ,
Considérant que la fermeture des frontières n’arrête pas les flux de migrations mais oblige les migrant-e-s au travail clandestin et permet le développement du trafic et de la traite des êtres humains ; que cette politique mondiale de répression de la migration augmente les inégalités et sert les intérêts du néolibéralisme en fournissant une main d’œuvre docile, peu chère ,licenciable à merci, sans défense, car non déclarée, afin de baisser toutes les normes sociales mondiales du travail[A6]  ;
Considérant que la migration se féminise de plus en plus et que les migrantes ont à souffrir d’une double discrimination en tant que femmes et que migrantes,
Réaffirmant les buts et principes de la Charte des Nations Unies, et notamment l’article 13 de la Déclaration Universelle des Droits Humains : « Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un état. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays »
Reconnaissant que la protection des droits humains et des libertés fondamentales prévue dans les instruments internationaux devrait également être assurée aux personnes qui ne possèdent pas la nationalité du pays dans lequel elles vivent[A7] ,
Proclamons la présente Charte :
Article 1
Cette Charte fait de nous des citoyen-ne-s libres[A8]  et conscient-e-s de nos responsabilités pour construire un monde juste, démocratique, solidaire, pacifique, laïque, respectueux des êtres humains et de l’environnement. Nous invitons tou-te-s les citoyen-ne-s et les Etats à la ratifier[A9]  et à prendre les mesures politiques, juridiques, sociales et économiques adéquates pour permettre l’application des droits et devoirs énoncés dans la présente Charte[A10] .

Article 2
Aux fins de la présente Charte, le terme "migrante"ou « migrant » s’applique, à toute personne qui a quitté sa région ou son pays d’origine, contrainte ou non, et possède ou pas la nationalité de l’Etat dans lequel il ou elle réside[A11] 

Article 3
Nous engageons à nous conformer aux lois de l’Etat dans lequel nous résidons, dans le respect de la culture de son peuple, dans la mesure où elles sont compatibles avec la Charte des Droits Humains des Nations Unies, ceci dans un esprit de paix, solidarité, liberté et justice[A12] .

Article 4
Demandons que tous les Etats édictent des lois et règlements nationaux pour appliquer et faire respecter l’égalité homme-femme[A13] 

Article 5
Demandons que tous les Etats édictent des lois et règlements nationaux pour appliquer la liberté de circulation et d’installation de toute personne, même étrangère, sur leur territoire[A14] . Ces lois et règlements doivent être compatibles avec les obligations juridiques internationales de l’Etat concerné, notamment celles relatives aux droits humains

Article 6
Les droits suivants doivent nous être garantis :

a) Le droit à la vie, à la sûreté de notre personne ; nul-le migrant-e ne peut être arbitrairement arrêté-e ou détenu-e ; nul-le migrant-e ne peut être privé-e de sa liberté, si ce n’est pour des raisons de droit commun ou de violation des droits humains et conformément à la procédure prévue par la loi[A15]  ;
b) Le droit à être protégé-e-s du travail forcé, de l’esclavage, du trafic et de la traite des êtres humains. Aucun-e migrant-e ne sera soumis-e à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants comme les violences sexuelles, la prostitution, l’excision ou le mariage forcé et, notamment, ne sera soumis-e sans y avoir librement consenti à des expériences médicales ou scientifiques[A16] .
c) Le droit à des papiers d’identité et de séjour et de les obtenir dans un délai raisonnable[A17] 
d) Le droit à une nationalité et à changer de nationalité. Le droit de pouvoir à tout moment se mettre en rapport avec le consulat ou la mission diplomatique de l’Etat dont il possède la nationalité dans l’Etat où il réside[A18] 
e) Le droit de vote et d’éligibilité dans notre lieu de résidence[A19] 
f) Le droit à la protection contre toute ingérence arbitraire ou illégale dans notre vie privée et familiale, notre domicile ou notre correspondance[A20]  ;
g) Le droit à la protection contre la xénophobie et le sexisme
h) Le droit d’être égaux devant les cours, les tribunaux et autres organes et autorités judiciaires ; le droit, en cas de poursuites judiciaires ou lorsque la loi le prévoit en cas d’action de toute autre nature, de se faire assister gratuitement d’un interprète etd ‘un avocat, si nous en avons besoin ; nul ne peut être jugé deux fois pour le même fait[A21] .
i) Le droit de choisir librement notre sexualité et notre conjoint, de nous marier, et de vivre en famille, sans contrainte de temps, d’argent ni de lieu[A22]  ;
j) Le droit à la liberté de pensée, d’opinion, de conscience et de religion ; le droit de manifester nos convictions, ce droit ne faisant l’objet que des seules restrictions nécessaires à la protection de la sécurité, des libertés et droits fondamentaux d’autrui[A23]  ;
k) Le droit à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association[A24] 
l) Le droit de conserver notre langue maternelle et notre culture, tout en ayant le droit et le devoir d’apprendre la langue et les lois du pays d’accueil et de participer à la vie sociale, économique, politique et culturelle locale[A25]  ;
m) Le droit de quitter le pays de résidence ou d’origine et d’y retourner[A26]  ;
n) Le droit de transférer à l’étranger nos gains, économies ou autres avoirs monétaires personnels, sous réserve de la réglementation nationale en vigueur en matière d’opérations monétaires[A27] .
o) Le droit à la propriété, aussi bien seul qu’en collectivité, sous réserve du droit interne. Aucun-e migrant-e ne peut être arbitrairement privé-e de ses biens légalement acquis[A28] 

Article 7
Un-e migrant-e qui se trouve sur le territoire d’un Etat ne peut en être expulsé-e, ni subir de double peine. L’expulsion individuelle ou collective d’étrangers pour des motifs de race, de couleur, de religion, de culture, d’ascendance ou d’origine nationale ou ethnique est interdite[A29] .

Article 8
Nous demandons[A30] 
a) Le droit à des conditions de travail sûres et salubres, à des contrats de travail légaux, à un salaire digne et équitable et à une rémunération égale pour un travail d’égale valeur, sans distinction d’aucune sorte, étant entendu en particulier que les femmes se voient garantir des conditions de travail non inférieures à celles dont bénéficient les hommes et les nationaux et un salaire égal pour un travail égal ;
b) Le droit à la non discrimination à l’embauche et d’accès à tous les cadres d’emploi
c) Le droit à la protection contre le chômage et le licenciement arbitraire.
d) Le droit de s’affilier à des syndicats et à d’autres organisations ou associations de notre choix et de participer à leurs activités.
e) Le droit à une alimentation saine et équilibrée , à l’eau et à l’énergie , et à un environnement sain
f) Le droit à la protection sanitaire, à la prévention de santé publique, aux soins médicaux, à la sécurité sociale, aux services sociaux, à la protection en cas d’handicap ou d’invalidité
g) Le droit à l’éducation gratuite pour tous, et obligatoire pour les enfants de moins de 16 ans, à la formation, au repos et au loisir .
h) Le droit à un logement salubre et décent, à ne pas être expulsé-e-s d’un lieu inhabité
i) Le droit à une retraite digne quelque soit le lieu de résidence à l’âge requis

Article 9
Nous, migrantes et migrants avec tous les hommes et toutes les femmes du monde, devons affirmer que nous pouvons vaincre les injustices et sauvegarder notre Terre pour nous et pour nos enfants, qu’une paix durable n’est pas établie sans une justice respectueuse de la dignité et des droits humains, que l’exercice du pouvoir n’est légitime que lorsqu’il est mis au service de tou-te-s et contrôlé par les peuples. Nous devons réaffirmer une fois de plus le principe fondateur de la communauté internationale : notre monde appartient à tou-te-s et aucun gouvernement ni institution ne peut se prévaloir de l’autorité sans la volonté démocratique de tou-te-s les citoyen-ne-s[A31] "

2/ AMERIQUE[A32] 
Nous, en tant qu’être humains,
En tant que migrants du monde entier,
En tant que femmes et hommes ayant connu toutes formes de mobilité humaine,
Ayant subi, surmonté et lutté contre les structures sociales, les processus et les pratiques systématiques qui sapent et violent notre dignité inhérente et nos droits fondamentaux, tels que l’esclavage, le trafic international humain, le déplacement des populations et l’exil, le refus de reconnaissance légale et d’accès à la protection juridique ainsi qu’à un régime de citoyenneté, ayant connu la xénophobie, le racisme, le sexisme, l’intolérance religieuse et culturelle, les traitements abusifs et méprisants de la part des représentants publics, et ce dans nos pays d’origine, de transit et de destination, et toute autre forme d’exclusion matérielle et symbolique[A33]  ;
Etant venus de plein grès et volontairement,
Faisant pleinement usage de nos droits,
Ainsi que de notre destin, composant intégral du destin de toute la race humaine,
Déclarons au monde entier :
QUE LA PLANÈTE ET L’UNIVERS QUI L’ENTOURE EST LA PROPRIÉTÉ DE TOUS[A34] .
Nous vivons dans une seule et même maison : la planète Terre et son univers.
Ce simple fait donne à chacun et à tous, sans préférence ni exception, le droit de vivre partout où bon lui semble, dignement et en harmonie[A35] .
Toute personne appartient à la famille humaine. Par conséquent nous constituons une communauté humaine chargée d’utiliser les ressources de manière équitable et durable[A36] .
Il y a plusieurs millions d’années, tous les continents étaient réunis avant que Pangée, l’unique et gigantesque continent ne commence à se diviser et à se fractionner pour ensuite rentrer en collision une fois de plus[A37] .
De nos jours, la globalisation, se basant sur l’héritage du colonialisme et de l’impérialisme, intensifie l’interdépendance des économies et des sociétés entre les continents, enrichissant ainsi un groupe réduit de personnes dans les pays développés et en voie de développement, détériorant l’environnement ainsi que les biens publics et augmentant de cette manière la pauvreté dans le monde. Femmes, hommes et enfants ont dû quitter leur pays d’origine pour pouvoir survivre, être dans un lieu sûr, trouver le bien-être et le bonheur[A38] .
Nous, les migrants, que nous le soyons de manière temporaire ou permanente, nous constituons au moins trois pour cent de la population globale et nous symbolisons les contradictions, les conséquences et les défis de ces réalités mondiales. Notre présence change la manière dont les gens perçoivent et ressentent la démocratie et la vie dans la société actuelle.
Nous sommes l’embryon d’une nouvelle forme de citoyenneté, que nous pouvons qualifier d’internationale, ou plutôt d’universelle. Nous sommes les détonateurs d’un nouveau monde appartenant à tous. Nous apportons à ce nouveau monde une dimension supplémentaire. Et c’est pour ce nouveau monde que nous défions les obstacles et nous séparons de notre terre et de nos familles. Nous sommes chargés d’une tâche à la fois historique et profondément humaine : tous les continents qui furent unifiés seront réunifiés[A39] .
QUE LA MIGRATION EST UN DROIT FONDAMENTAL.
La planète est à tous car nous avons les mêmes droits et la même dignité. Les femmes autant que les hommes ont le droit de migrer, non seulement peuvent-elles le faire en dépendant de quelqu’un mais aussi de manière autonome.
Cependant, nous reconnaissons que l’exercice du droit à la migration ne se fait pas en vase clos. Il dépend des conditions socio-économiques, politiques et culturelles des pays d’origine et de destination. Il peut même avoir été établi de commun accord entre les deux états[A40] .
La migration actuelle, qu’elle soit temporaire ou permanente, est la cause et la conséquence des inégalités mondiales, de l’évolution de la situation démographique, de la répartition internationale du travail selon les sexes et des politiques gouvernementales dans les pays d’origine et de destination. Certains d’entre nous ont probablement migré après mûre réflexion. Mais la majorité, et particulièrement les migrants provenant du Sud, nous avons migré poussés par la nécessité d’assurer la survie de notre famille, acculée par la pauvreté, l’oppression et l’exploitation présentes dans nos pays d’origine. Nous poursuivons le rêve d’une vie meilleure grâce à un travail outremer, au mariage et à l’immigration.
QUE LES MIGRANTS SONT DES PERSONNES ET NON PAS DES PRODUITS MARCHANDS.
Indépendamment de notre statut juridique, nous avons des droits inhérents, indivisibles et inaliénables en tant qu’êtres humains, en tant que travailleurs migrants et en tant que femmes. Indépendamment des circonstances de notre arrivée et de notre travail, nos droits n’ont pas à être diminués, refusés ou sacrifiés pour l’intérêt du développement économique, de la sécurité nationale ou géopolitique[A41] .
Nous ne devrions pas non plus dépendre de l’organisation Mondiale du Commerce, et particulièrement du Mode 4 sur le Commerce des Services.
La reconnaissance, le respect et la protection de nos droits et de notre bien-être doivent être au cœur des systèmes de migration et de développement, des politiques et des lois aussi bien dans les pays source que dans les pays d’arrivée[A42] .
Nous, les femmes migrantes, nous avons les mêmes droits que les hommes. Et même plus encore, pour combattre les inégalités de sexe généralisées et institutionnalisées dont nous souffrons. Notre désir d’une vie meilleure n’autorise personne à profiter de notre travail et de notre corps, que ce soit à travers le commerce d’êtres humains ou la prostitution. Nous qui avons migré en tant que fiancées et femmes de ressortissants étrangers, nous avons droit à un statut légal propre, indépendant de celui de nos fiancés et de nos maris[A43] .
Nos enfants devraient pouvoir accéder à une déclaration de naissance, à l’éducation et à la santé. Ils ont le droit d’être nationalisés et possèdent des droits en tant que citoyens, qu’ils soient reconnus ou non par leurs parents[A44] . Nous avons le droit d’accès à des services de santé en matière de reproduction ainsi qu’à une aide adéquate dans les pays source et de destination pour lutter contre la violence des sexes.
L’ignorance, les préjugés, la xénophobie et le manque d’humanité flagrant font que certains gouvernements officiels, certaines autorités ou encore de simples citoyens nous considèrent et nous traitent comme des êtres de moindre valeur qui par conséquent ont des droits inférieurs. Ils encouragent et favorisent les politiques et les lois discriminatoires. Ils nous méprisent à cause des différences que nous représentons. Ils nous accusent d’être coupables d’actes antisociaux. Ils ont tort, en nous dévaluant, ils nient leur humanité[A45] .
QUE LE TRAVAIL DU MIGRANT EST ECONOMIQUEMENT ET SOCIALEMENT NECESSAIRE ET PRECIEUX POUR LES PAYS DE DESTINATION.
Nous sommes la colonne vertébrale du succès économique des pays de destination. Nous sommes présents dans tous les secteurs de l’économie – l’agriculture, l’industrie et les services. La garde des enfants, les soins apportés aux malades et aux personnes âgées sont devenus des travails réservés aux femmes migrantes provenant du Sud, et ce de manière internationale[A46] .
Nous méritons un travail décent et stable, dûment rémunéré, qui prenne en compte les droits sociaux en accord avec les lois internationales du travail, et qui réponde aux principes de non-discrimination et d’égalité de traitement avec les ressortissants[A47] .
Nous considérons que le travail des femmes doit être valorisé à sa juste valeur comme un travail à part entière. Les tâches domestiques ainsi que le soin des personnes sont des travaux qualifiés. Par conséquent ils devraient être reconnus comme tel. Une reconnaissance officielle nous permettrais de lutter contre notre exclusion des lois du travail et nous donnerait n accès à la justice. Cela pourrait éliminer toute discrimination contre nous, et particulièrement en ce qui concerne la violence et l’infériorité de statut. Cela nous aiderait à nous sentir fiers de nous-mêmes et de notre travail[A48] .
Nous avons le droit à une protection sanitaire et à la sécurité au travail. Ceci comprend le droit à la maternité. Aucune migrante ne devrait être renvoyée de son travail et de son pays de destination à cause de sa grossesse. Nous avons le droit au regroupement familial. Dans la plupart des sociétés, les familles constituent la base du noyau social. Leur bien-être et leur sécurité sont souvent la raison pour laquelle nous décidons de migrer. Séparés de nos familles, nous devenons vulnérables au mal du pays, à la solitude et aux problèmes de santé psycho-émotionnels. Il a été prouvé que le regroupement familial à des effets positifs sur nous. Par conséquent, nous devrions travailler vers une reconnaissance universelle des droits des migrants au regroupement familial[A49] .
QUE LES MIGRANTS CONTRIBUENT À LA DIVERSITÉ CULTURELLE.
La diversité culturelle est « un atout précieux qui apporte progrès et bien-être à l’humanité toute entière, et qui devrait être valorisé, chéri et accepté sincèrement de manière à ce qu’il soit perçu comme une caractéristique permanente qui enrichit nos sociétés. » (Déclaration des institutions nationales à la conférence mondiale contre le racisme, la xénophobie et autres formes de discrimination à Durban, 2001.)
De plus en plus de personnes sont conscientes du fait qu’aucune culture ou identité n’est supérieure à aucune autre. Et que toute idéologie basée sur la supériorité raciale et culturelle est fausse et inacceptable. Cette conscience continuera à grandir et nous comprendrons enfin que les différentes cultures et identités sont simplement des formes différentes d’expression d’une seule et même vision cosmique : la manière dont le monde est perçu et compris par notre communauté constituée d’êtres humains²[A50] .
Par le simple fait d’exister, chaque personne, chaque communauté a le droit de jouir de sa propre culture et identité, en harmonie et en étant respectés par les autres. Aucune culture ou identité ne peut être exclue, et ni leur dignité ni leurs droits ne peuvent être bafoués[A51] .
Jusqu’à présent, le concept « d’universalisme » a été vu de manière erronée, il s’agit d’un fait local et éphémère faussement perçu comme une universalité. « L’universalisme » ne sera légitime que quand chacun d’entre nous contribuera gratuitement, consciemment et harmonieusement à son existence. Le respect envers la diversité culturelle et l’institutionnalisation des espaces et des mécanismes pour le dialogue entre les diversités permettent la construction de blocs égalitaires, démocratiques, et même de sociétés[A52] .
QUE LES MIGRANTS ONT LE DROIT DE PARTICIPER À LA VIE POLITIQUE DANS LES PAYS D’ORIGINE ET DE DESTINATION.
La citoyenneté, en tant qu’expression des droits et de la dignité de chaque être humain, n’est pas créée par un seul pouvoir, une seule autorité ou une seule loi. La confusion actuelle autour de la citoyenneté et de la nationalité est tout simplement un exemple du manque d’humanité qui règne de nos jours[A53] .
Alors que nous vivons et travaillons sur des mers et des pays étrangers, nous continuons à nourrir les liens multiples qui nous unissent à nos pays d’attache respectifs dans différents domaines- sociaux, économiques, culturels, politiques et spirituels. Nous avons la liberté et le droit à l’auto-détermination, à devenir membres de syndicats, et par conséquent à faire entendre nos voix dans des structures de la vie politique, et ce tant dans nos pays d’origine que dans ceux de destination. Nous nous trouvons à la meilleure place pour parler en notre nom[A54]  et pour faire des propositions sur notre agenda commun de développement[A55] . Les droits de pleine citoyenneté dans les pays de destination ne devraient pas être restreints aux ressortissants. La citoyenneté est planétaire. L’Humanité devrait accepter que la vérité est intrinsèque à l’existence même de l’Humanité. Ainsi, les institutions gouvernementales, intergouvernementales et internationales impliquées dans le travail des migrants dans le pays d’origine et de destination devraient institutionnaliser les espaces et les mécanismes pour que nous soyons représentés, pour que nous puissions participer et nous engager. Les progrès de l’informatique facilitent l’exercice de nos droits de citoyenneté dans les pays d’origine et de destination[A56] .
QUE LES ETATS ONT LE DEVOIR DE CREER UN ORDRE SOCIAL ET INTERNATIONAL FONDÉ SUR LE RESPECT ET LA PROMOTION DES DROITS HUMAINS FAVORABLES À L’ACCOMPLISSEMENT DU DEVELOPPEMENT ET DU BIEN-ÊTRE DE L’HOMME.
L’envoi d’argent nourrit nos familles et empêche l’effondrement des économies dans nos pays d’origine. Ainsi, de nombreux gouvernements dépendent des emplois d’outremer en tant que stratégie de développement. Les coûts sociaux ont été immenses. Des familles éclatées. Des enfants devenus des orphelins émotionnels. Nous assistons à une fuite des cerveaux et à une hémorragie des cerveaux car de nombreux professionnels, et particulièrement des docteurs et des infirmières, quittent leur patrie à la recherche d’un meilleur salaire et de meilleures conditions de travail. Les pays développés s’emparent de notre intelligence[A57] .
La Déclaration des Nations Unies sur le Droit au Développement souligne la responsabilité première des Etats pour ce qui a trait à la « création de conditions nationales et internationales favorables à la réalisation du Droit au Développement». De plus, elle met en avant le concept de « développement compact » entre pays qui les obligerait à forger « un engagement réciproque dans le but de croiser les obligations de l’Etat et de la communauté internationale pour mener à bien le Droit au Développement». Le développement n’est plus seulement un problème national, Il est maintenant global et il a besoin de la coopération internationale et la solidarité[A58] .
Nous sommes conscients du fait que malgré nos actions et nos organisations et malgré le réseau de migrants que nous cherchons à établir dans le monde entier, notre humanité continuera à être bafouée. C’est pour cela que nous nous engageons à continuer à nous exprimer sur ce sujet, à construire une unité à travers tous les continents, à transformer les relations sociales et les structures dans le but d’intensifier, d’élargir et de faire avancer notre lutte commune pour que nos droits soient respectés et pour que naisse un monde meilleur dans lequel nous pouvons tous être égaux et pour exercer nos droits de citoyens sans qu’il n’y ait de différence entre les migrants et les ressortissants[A59] .

3/ AFRIQUE[A60] 
Considérant que les restrictions actuelles à la liberté de circulation restreignent uniquement celle des plus pauvres et reflètent non seulement la montée en puissance des nationalismes xénophobes mais aussi la peur élitiste à l’égard des populations exploitées et défavorisées[A61]  ;
Considérant que les politiques sécuritaires font croire que les migrations sont un problème et une menace alors qu’elles constituent depuis toujours un fait historique naturel et que, loin d’être une calamité pour les pays développés, elles constituent un apport économique et culturel inestimable[A62]  ;
Considérant que les mesures sécuritaires ne mettront pas fin aux « flux migratoires », induits par de multiples facteurs, et que les expériences historiques de libre circulation des personnes ont montré que celle-ci ne limite ni la souveraineté ni la sécurité des Etats qui sont davantage menacées aujourd’hui par la libre circulation des capitaux[A63]  ;
Considérant que, ce sont encore les pays du Sud qui financent les pays du Nord alors que les écarts de revenus par habitants entre le nord et le sud ne cesse de s’accroître ;
Refusons de vivre dans un monde aux frontières de plus en plus militarisées qui segmentent nos continents et veulent transformer chaque groupe de pays en forteresse et Refusons la division de l’humanité entre ceux qui peuvent circuler librement sur la planète et ceux à qui cela est interdit[A64]  ;
Indignés par la guerre aux migrants qui s’amplifie d’année en année le long des frontières des pays riches avec les pays les plus défavorisées[A65]  ;
Les Migrants d’origine africaine et leurs organisations œuvrant à partir de l’Afrique proclament la présente charte ;

Article 1 : tout (e) migrant (e) a le droit et le devoir de résister par tous les moyens pacifiques à l’idéologie sécuritaire et répressive qui oriente les politiques migratoires, notamment à « l’externalisation » de l’asile et des contrôles aux frontières, à la criminalisation des migrations, ainsi qu’à toute loi raciste, xénophobe ou discriminatoire[A66] .

Article 2 : tout (e) migrant (e) a le droit et le devoir de résister pacifiquement aux opérations d’expulsion et de refoulement prises à son égard en vertu de lois pénalisant le délit de « séjour irrégulier » et de l’aide aux personnes contraintes à ce type de séjour[A67] .

Article 3 : tout (e) migrant (e) a le droit et le devoir de résister pacifiquement aux décisions de son placement dans un lieu d’enfermement destiné aux étrangers en vertu de la directive retour adoptée par les pays de l’Europe. La fermeture de tous les lieux d’enfermement et autres dispositifs de blocage des personnes aux frontières, constituent un objectif vers lequel toutes les luttes menées par les migrant (e) doivent converger[A68] .

Article 4 : tout (e) migrant (e) a le droit et le devoir de recourir à toutes les formes de résistance pacifique, y compris les actions judiciaires pour obtenir la suppression des visas et de toutes les entraves posées à la sortie et/ou l’entrée d’un territoire[A69] .

Article 5 : tout (e) migrant (e) a le droit et le devoir de participer activement à la refondation des politiques migratoires sur la base du respect des droits humains, d’une réelle égalité des droits des personnes vivant sur un même territoire et à la revendication de la régularisation de tous les migrants sans papiers[A70] .

Article 6 : tout (e) migrant (e) a le droit au regroupement familial. Aucune entrave, ni restriction de quelle nature qu’elle soit, ne peut limiter ce droit[A71] .

Article 7 : tout (e) migrant (e) a le droit et le devoir de résister pacifiquement à toute mesure et décision visant la remise en cause des instruments de protection internationale, notamment les instruments consacrant la reconnaissance et le respect du droit d’asile.

Article 8 : tout (e) migrant (e), notamment les réfugiés statutaires ont le droit et le devoir de revendiquer une complète liberté de circulation et d’installation et une protection à travers le monde, sans restriction aucune[A72] .

Article 9 : tout (e) migrant (e) a le droit et le devoir de ne pas reconnaître les accords conclus entre puissances du Nord et pays d’origine en matière migratoire au cas où, ces accords ne reposeraient pas sur le principe du respect des intérêts supérieurs des migrants (es) établis dans les pays du Nord[A73] .

Article 10 : tout (e) migrant (e) a le droit et le devoir d’œuvrer par tout moyen pacifique pour la suppression des conditionnalités imposées aux pays d’origine dans les négociations internationales, et tout particulièrement celle de la sous-traitance de la lutte contre les migrations et les mesures susceptibles de porter atteinte à la souveraineté alimentaire des pays en développement, ainsi que tout accords qui ne respecterait pas le principe d’égalité des interlocuteurs[A74] .

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Draft de Synthèse de la Charte Mondiale des Migrants [G75] 

 

Ci-dessous le premier draft de la synthèse de la Charte Mondiale des Migrants avec les commentaires de Gustavo Marin, membre de la Coordination Internationale de la CMM - 21 juillet 2010.

Les personnes migrantes sont les otages de politiques injustes qui, au détriment de l’histoire et des droits universellement reconnus à chaque personne Humaine, font opposer les êtres Humains les uns aux autres en utilisant les stratégies discriminatoires de préférence nationale, d’appartenance ethnique ou religieuse;

Ces politiques, sont imposées par des ordres conservateurs et  hégémoniques, cherchant à maintenir leurs privilèges en exploitant la force de travail physique et intellectuelle des migrants, utilisant pour cela les prérogatives exorbitantes permises par la puissance arbitraire et éphémère de l’Etat-Nation [G76] ;

Les migrantes et les migrants sont partout[G77]  privés, du plein exercice de leur droit naturel [G78] à la liberté de circulation et d’installation sur la terre. Elles et Ils sont privés de leurs droits à la liberté et à la paix ainsi que des droits économiques, sociaux, politiques et culturels;

Seule une large alliance des personnes migrantes autour de la revendication d’une nouvelle structuration politique, économique et sociale, fondée sur une recomposition territoriale de l’Etat Nation [G79] et de ses prérogatives exorbitantes et liberticides, se basant sur la volonté de tous, peut assurer leurs droits aux personnes exclues , sans distinction de race, de couleur, de sexe ou de croyance, droits qui reviennent à toute personne de par sa naissance ;

C’est pourquoi [G80] nous, migrantes et migrants du monde entier, réunis sur l’ile de Gorée, symbole historique de la confiscation de notre liberté, de notre dignité et de notre humanité, adoptons la présente Charte des migrants :

La terre appartient à tous ses habitants. Toute personne doit avoir le droit de circuler et de s’installer dans n’importe quelle partie de cette terre.

Toute personne doit pouvoir se déplacer librement de la campagne vers la ville[G81] , d’une province vers une autre, et pouvoir quitter n’importe quel pays pour l’étranger.

Les lois relatives aux visas, laissez-passer et autorisations ainsi que toutes autres lois limitant la liberté de circulation et d’installation doivent être abrogées.

Les migrantes et migrants du monde entier doivent jouir les mêmes droits que les groupes nationaux[G82] . Elles et ils doivent avoir le droit de voter et d’être éligible à tout organe législatif.

Les migrantes et migrants doivent avoir le droit de parler leur langue maternelle et de développer leur culture et leurs coutumes traditionnelles[G83] .

Les migrantes et migrants doivent jouir du même droit[G84]  d’exercer un commerce là où elles et ils le désirent, de se livrer à l’industrie ou d’adopter un métier, manuel ou non, comme toute profession permise pour les groupes nationaux.

La terre doit être partagée entre ceux qui la travaillent. Les restrictions à la propriété foncière imposées pour des raisons d’ordre racial et/ou national doivent être abolies.

Les personnes migrantes au même titre que les groupes nationaux doivent être égales devant la loi. Nul ne doit être emprisonné, déporté ou voir sa liberté restreinte sans que sa cause ait été équitablement entendue.

Toute loi qui prévoit une distinction fondée sur l’origine nationale, la situation matrimoniale et/ou juridique ainsi sur les convictions doit être abrogée.

Les droits Humains sont inaliénables et indivisibles et doivent être les mêmes pour tous. La loi doit garantir à toutes les personnes migrantes le droit à la liberté d’expression, le droit de s’organiser, le droit à la liberté de réunion, le droit de publier, de pratiquer le culte et aussi de donner à leurs enfants l’éducation de leur choix.

Le travail et la sécurité doivent être assurés à toutes les personnes migrantes. Quiconque travaille doit être libre de fonder avec d’autres des syndicats. Les migrantes et migrants doivent recevoir un salaire égal à travail égal et doivent avoir la possibilité de transférer le fruit de leur travail [G85] sans aucune restriction de quelques sortes qu’elle soit.

L’accès à l’éducation et à l’instruction[G86]  doivent être garanti aux personnes migrantes et à leurs enfants. L’instruction doit être gratuite, universelle et égale pour tous les enfants. Les études supérieures et la formation technique doivent être accessibles à tous. Dans la vie culturelle, dans les sports et dans l’éducation, toute distinction fondée sur l’origine nationale doit être abolie.

Les personnes migrantes doivent avoir droit au logement, Toute personne doit avoir le droit d’habiter dans l’endroit de son choix, d’être décemment logée et de maintenir sa famille dans le confort et la sécurité.

En l’absence du respect effectif des droits fondamentaux [G87] reconnu universellement, notamment les droits édictés par la charte mondiale des migrants, les lobbys [G88] conservateurs hégémoniques et d’exploitation continueront à maintenir les personnes migrantes[G89]  dans des situations de précarité et de vulnérabilité inacceptables. L’élimination[G90]  de ce système ségrégationniste est pour l’alliance mondiale des migrantes et migrants issues du monde entier ainsi que pour leurs alliés, le plus sacré des devoirs.



[1] Interview réalisée par Sarah Duplat.


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