En 2006, à partir des luttes menées
par des migrants sans-papiers à Marseille, un premier draft a été écrit et
diffusé au 2ème Forum Social Mondial des Migrations à Madrid et au
premier sommet mondial des migrants latino-américain au Mexique. A partir de ces
rencontres, trois autres propositions de Charte ont été envoyées à la
Coordination Internationale à partir de l’Amérique Latine, l’Asie et l’Afrique.
C’est sur base de ces propositions
qu’en 2010, une synthèse a été rédigée en vue de son approbation mondiale à
l’occasion de la rencontre de Gorée.
1. "La Charte de Crimo" - Premier projet d'une Charte Mondiale des
migrantes et des migrants – 2006
Nous migrantes
et migrants,
Dans notre démarche pour construire un autre monde,
conformément à la Charte de Porto Alegre
Considérant que
la Charte des Nations Unies encourage le respect universel et effectif des
droits humains et des libertés fondamentales de tous les êtres humains, sans
distinction de race, de sexe, de langue ou de religion,
Considérant que
la Déclaration universelle des droits de l’homme proclame que tous les êtres
humains naissent libres et égaux en dignité et en droits, et que chacun-e peut
se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans ladite
Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe,
de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion,
d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre
situation ; et qu’elle proclame en outre que chacun-e a droit à la
reconnaissance en tout lieu de sa personnalité juridique, que tous sont égaux
devant la loi, peuvent se prévaloir, sans distinction, d’une protection égale
de la loi et que tou-te-s ont droit à une protection égale contre toute
discrimination pratiquée en violation de ladite Déclaration et contre toute
incitation à une telle discrimination,
Considérant que
les migrant-e-s sont de plus en plus discriminé-e-s dans le monde, alors qu’ils
et elles sont des personnes courageuses et dignes, favorisant la compréhension,
la tolérance et l’amitié entre les peuples, et les premier-e-s à lutter contre
la pauvreté dans le monde par leurs transferts de fonds et de savoirs,
Considérant que
la fermeture des frontières n’arrête pas les flux de migrations mais oblige les
migrant-e-s au travail clandestin et permet le développement du trafic et de la
traite des êtres humains ; que cette politique mondiale de répression de
la migration augmente les inégalités et sert les intérêts du néolibéralisme en fournissant
une main d’œuvre docile, peu chère,licenciable à merci, sans défense, car non
déclarée, afin de baisser toutes les normes sociales mondiales du
travail ;
Considérant que
la migration se féminise de plus en plus et que les migrantes ont à souffrir
d’une double discrimination en tant que femmes et que migrantes,
Réaffirmant les
buts et principes de la Charte des Nations Unies, et notamment l’article 13 de
la Déclaration Universelle des Droits Humains : « Toute personne a le
droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un état.
Toute personne a le droit de quitter tout pays , y compris le sien, et de
revenir dans son pays »,
Reconnaissant
que la protection des droits humains et des libertés fondamentales prévue dans
les instruments internationaux devrait également être assurée aux personnes qui
ne possèdent pas la nationalité du pays dans lequel elles vivent,
Proclamons la
présente Charte :
Article premier
Cette Charte
fait de nous des citoyen-ne-s libres et conscient-e-s de nos responsabilités
pour construire un monde juste, démocratique, solidaire, pacifique, laïque,
respectueux des êtres humains et de l’environnement. Nous invitons tou-te-s les
citoyen-ne-s et les Etats à la ratifier et à prendre les mesures politiques,
juridiques, sociales et économiques adéquates pour permettre l’application des
droits et devoirs énoncés dans la présente Charte.
Article 2
Aux fins de la
présente Charte, le terme "migrante"ou « migrant »
s’applique, à toute personne qui a quitté sa région ou son pays d’origine,
contrainte ou non, et possède ou pas la nationalité de l’Etat dans lequel il ou
elle réside
Article 3
Nous engageons
à nous conformer aux lois de l’Etat dans lequel nous résidons, dans le respect
de la culture de son peuple, dans la mesure où elles sont compatibles avec la
Charte des Droits Humains des Nations Unies, ceci dans un esprit de paix,
solidarité, liberté et justice.
Article 4
Demandons que
tous les Etats édictent des lois et règlements nationaux pour appliquer et
faire respecter l’égalité homme-femme
Article 5
Demandons que
tous les Etats édictent des lois et règlements nationaux pour appliquer la
liberté de circulation et d’installation de toute personne, même étrangère, sur
leur territoire. Ces lois et règlements doivent être compatibles avec les
obligations juridiques internationales de l’Etat concerné, notamment celles
relatives aux droits humains
Article 6
Les droits
suivants doivent nous être garantis :
a ) Le droit à
la vie, à la sûreté de notre personne ; nul-le migrant-e ne peut être
arbitrairement arrêté-e ou détenu-e ; nul-le migrant-e ne peut être
privé-e de sa liberté, si ce n’est pour des raisons de droit commun ou de
violation des droits humains et conformément à la procédure prévue par la
loi ;
b) Le droit à
être protégé-e-s du travail forcé, de l’esclavage , du trafic et de la traite
des êtres humains. Aucun-e migrant-e ne sera soumis-e à la torture, ni à des
peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants comme les violences
sexuelles, la prostitution, l’excision ou le mariage forcé et, notamment, ne
sera soumis-e sans y avoir librement consenti à des expériences médicales ou
scientifiques.
c) Le droit à
des papiers d’identité et de séjour et de les obtenir dans un délai raisonnable
d) Le droit à
une nationalité et à changer de nationalité. Le droit de pouvoir à tout moment
se mettre en rapport avec le consulat ou la mission diplomatique de l’Etat dont
il possède la nationalité dans l’Etat où il réside
e) Le droit de
vote et d’éligibilité dans notre lieu de résidence
f ) Le droit à
la protection contre toute ingérence arbitraire ou illégale dans notre vie
privée et familiale, notre domicile ou notre correspondance ;
g) Le droit à
la protection contre la xénophobie et le sexisme
h ) Le droit
d’être égaux devant les cours, les tribunaux et autres organes et autorités
judiciaires ; le droit, en cas de poursuites judiciaires ou lorsque la loi
le prévoit en cas d’action de toute autre nature, de se faire assister
gratuitement d’un interprète et d ‘un avocat , si nous en avons besoin ;
nul ne peut être jugé deux fois pour le même fait.
i ) Le droit de
choisir librement notre sexualité et notre conjoint, de nous marier, et de
vivre en famille, sans contrainte de temps, d’argent ni de lieu ;
j ) Le droit à
la liberté de pensée, d’opinion, de conscience et de religion ; le droit
de manifester nos convictions, ce droit ne faisant l’objet que des seules
restrictions nécessaires à la protection de la sécurité, des libertés et droits
fondamentaux d’autrui ;
k ) Le droit à
la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association
l) Le droit de
conserver notre langue maternelle et notre culture, tout en ayant le droit et
le devoir d’apprendre la langue et les lois du pays d’accueil et de participer
à la vie sociale, économique, politique et culturelle locale ;
m ) Le droit de
quitter le pays de résidence ou d’origine et d’y retourner ;
n ) Le droit de
transférer à l’étranger nos gains, économies ou autres avoirs monétaires
personnels, sous réserve de la réglementation nationale en vigueur en matière
d’opérations monétaires.
o ) Le droit à
la propriété, aussi bien seul qu’en collectivité, sous réserve du droit
interne. Aucun-e migrant-e ne peut être arbitrairement privé-e de ses biens
légalement acquis
Article 7
Un-e migrant-e
qui se trouve sur le territoire d’un Etat ne peut en être expulsé-e, ni subir
de double peine. L’expulsion individuelle ou collective d’étrangers pour des
motifs de race, de couleur, de religion, de culture, d’ascendance ou d’origine
nationale ou ethnique est interdite.
Article 8
Nous demandons
a ) Le droit à
des conditions de travail sûres et salubres, à des contrats de travail légaux,
à un salaire digne et équitable et à une rémunération égale pour un travail
d’égale valeur, sans distinction d’aucune sorte, étant entendu en particulier
que les femmes se voient garantir des conditions de travail non inférieures à
celles dont bénéficient les hommes et les nationaux et un salaire égal pour un
travail égal ;
b) Le droit à
la non discrimination à l’embauche et d’accès à tous les cadres d’emploi
c) Le droit à
la protection contre le chômage et le licenciement arbitraire.
d ) Le droit de
s’affilier à des syndicats et à d’autres organisations ou associations de notre
choix et de participer à leurs activités.
e) Le droit à
une alimentation saine et équilibrée, à l’eau et à l’énergie , et à un
environnement sain
f ) Le droit à
la protection sanitaire, à la prévention de santé publique, aux soins médicaux,
à la sécurité sociale, aux services sociaux, à la protection en cas d’handicap
ou d’invalidité
g) Le droit à
l’éducation gratuite pour tous, et obligatoire pour les enfants de moins de 16
ans , à la formation, au repos et au loisir .
h) Le droit à
un logement salubre et décent, à ne pas être expulsé-e-s d’un lieu inhabité
i) Le droit à
une retraite digne quelque soit le lieu de résidence à l’âge requis
Article 9
Nous, migrantes
et migrants avec tous les hommes et toutes les femmes du monde, devons affirmer
que nous pouvons vaincre les injustices et sauvegarder notre Terre pour nous et
pour nos enfants, qu’une paix durable n’est pas établie sans une justice
respectueuse de la dignité et des droits humains, que l’exercice du pouvoir
n’est légitime que lorsqu’il est mis au service de tou-te-s et contrôlé par les
peuples. Nous devons réaffirmer une fois de plus le principe fondateur de la
communauté internationale : notre monde appartient à tou-te-s et aucun
gouvernement ni institution ne peut se prévaloir de l’autorité sans la volonté
démocratique de tou-te-s les citoyen-ne-s".
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2.
La proposition chilienne et latino-américaine
2.1
Contribution Latino-Américaine à la Charte mondiale des migrants - Itinéraire
et enseignements méthodologiques - Comité d'initiative de la Charte - Mars 2008
L'ambition
Le projet de Charte mondiale des migrants répond à une
nécessité qui s'exprime désormais partout dans le monde entier, à l'heure où
des millions d'êtres humains, hommes et femmes, font usage de toutes les formes
de mobilité humaine et souffrent de ses formes intrinsèques de négations sur le
plan des dignités et des droits. Cette nécessité c'est celle, pour ces millions
d'êtres humains, de déclarer d'une voix commune au monde entier, leurs
principes et leurs engagements pour prendre part pleinement à l'aventure
humaine du XXIème siècle.
Le processus d'élaboration collective de
la Charte mondiale des migrants s'est inséré dans les débats de plusieurs
forums thématiques sur les migrations, en particulier dans le cadre des Forums
sociaux mondiaux sur les migrations. Une première version du projet avait été présentée
lors de l'édition de juin 2006 tenue à Rivas Madrid en Espagne.
En Amérique Latine
En Amérique Latine, la contribution à la Charte
mondiale de migrants a démarré lors du premier Sommet de migrants
latino-américains organisé à Morelia au Mexique en mai 2007. Un atelier,
intégré dans les activités du Sommet, a été consacré au projet de Charte
mondiale des migrants.
Ensuite s'est organisé au Chili le premier colloque
sur le projet de Charte mondiale des migrantes et des migrants. Il a rassemblé
des personnes de diverses nationalités ayant vécu ou en train de vivre la
migration ou d'autres formes de mobilité humaine, toutes réunies autour de la contribution
à une Charte mondiale de migrants.
L'ensemble du processus s'est déroulé sur une durée de
6 mois. Il a misé sur la collecte de très nombreux apports et débats, lesquels
ont été insérés dans les activités de onze associations et collectifs de migrants,
y compris des médias de communication communautaires animés par des migrants.
A l'issue de ce processus, une proposition de Charte
des migrants au Chili en vue d'une Charte mondiale des migrants a été élaborée.
Son contenu reflète fondamentalement la synthèse des revendications et des
perspectives produites par les débats.
Apprentissages
méthodologiques
Dans ce type de processus, la manière d'avancer est
certainement aussi importante que le but à atteindre, d'où l'importance portée
sur les apprentissages méthodologiques. Un certain nombre de priorités et
d'enseignements méthodologiques se sont dégagés à partir de l'itinéraire
entrepris par la contribution latino-américaine à la Charte mondiale. Il s'agit
avant tout de recommandations et de principes pour l'action, adaptables aux
conditions particulières de chaque contexte socioculturel et poursuivant
constamment l'objectif d'approfondir ou d'élargir le débat autour du projet de
Charte mondiale des migrants aux autres groupes de migrants liés d'une manière
ou d'une autre à la mobilité humaine.
1. Il est primordial de faire connaître amplement et de
diffuser synthétiquement à la fois les fondements, la trajectoire et les
objectifs du projet de Charte mondiale des migrants. Cela implique de rédiger
et de diffuser des articles, courts et éclairants, en utilisant les différents
médias disponibles. La page web de la Charte mondiale fournit par exemple les
différents projets de Charte qui ont fait l'objet de débat dans plusieurs
régions du monde.
2. Des réseaux d'organisations et de personnes migrantes
(dirigeants sociaux, refugiés, personnes déplacées, victimes de trafics et de
discriminations) doivent se constituer progressivement au sein d'un même pays
ou région et être associés à la discussion.
3. Ces réseaux et organisations font l'effort de
s'approprier les discussions et les débats et de participer à la diffusion du
projet de Charte, en définissant des échéances à court terme, sur 3-4 mois, en
vue de déboucher concrètement sur un texte commun qui n'aura pas forcément un
caractère définitif.
4. Il est nécessaire de réaliser des appels publics à
travers les médias de communication dans l'idée de mobiliser les communautés
migrantes, d'inviter tous ceux en situation de mobilité et intéressés à
participer au débat via des échanges électroniques ou directement à travers un
calendrier de débats en présence.
5. Les règles de participation et la forme de rédaction
de la proposition de Charte sont importantes à préciser et doivent se baser sur
les principes d'inclusion, d'argumentation, de non répétition et de pertinence.
Notre expérience a fait émerger en particulier les critères suivants:
a. Toutes les personnes migrantes, ayant vécu ou vivant
les formes de mobilité humaine, peuvent participer sans exclusion.
b. Tant les discussions électroniques à distance que les
prises de note durant les débats en présence doivent être conservées
rigoureusement pour enrichir et faire avancer le débat.
c. Il est nécessaire de réaliser en permanence des
résumés et des synthèses des contributions, en privilégiant l'argumentation et
la mise en relation des idées, dans l'optique de construire une déclaration de
principes fondamentaux portés par les migrants. Ce processus de synthèse est le
résultat d'une décantation quasi naturelle des éléments qui se renvoient les
uns aux autres et de la synthèse des sujets traités de façon exhaustive et
abordées sous des angles différents. Cette synthèse fait émerger également de
nouvelles idées parfois peu visibles au démarrage.
d. Sur la base de cette synthèse, un rédacteur ou une
équipe de rédaction (qui peut être redéfinie au cours du processus ou s'élargir
au fur et à mesure de la marche en fonction de l'incorporation de nouveaux
acteurs et de la capacité de synthèse d'ensemble) est désignée pour opérer ce
travail et rédige la proposition de Charte régionale des migrants comme une
contribution géoculturelle à la construction d'une Charte mondiale des
migrants.
6. Les organisations et les personnes intégrant le
processus sont invitées à incorporer la diffusion du document et la mise en
place de débats sur la base des principes méthodologiques (foires, fêtes
culturelles, projection de vidéos...etc) dans ses programmes d'activités.
7. Enfin, une rencontre finale venant clôturer le cycle
d'approfondissement, doit être réalisée, permettant à l'équipe de rédaction
d'incorporer les dernières modifications et d'approuver la proposition de
Charte, celle-ci se transformant en un nouvel élément de dialogue entre les
régions du monde.
Parce que nous, migrants et
migrantes aux côtés de tous les êtres humains qui ont vécu ou vivront la
mobilité humaine,
Parce que nous élevons notre propre
voix, que nous sommes acteurs de notre destin comme nous sommes aussi acteurs
du destin de toute l'humanité,
Parce que les migrants unis ne
seront jamais vaincus,
Elargissons au monde entier le
processus de discussion et de débat pour une Charte mondiale des migrants!
2.2 Contribution chilienne et latino-américaine au projet
de Charte mondiale des migrants
Nous, êtres humains,
Migrantes et migrants du monde entier,
Hommes et femmes vivant toutes les formes existantes
de déplacements humains,
Et souffrant les atteintes de violation de la dignité
humaine et des droits élémentaires de chacun, tels que le trafic et la
discrimination, le déplacement forcé et l’asile, le non accès à la loi et à la
citoyenneté, la xénophobie, le racisme, l'exploitation par le travail,
l’exploitation sexuelle, l'exclusion et la marginalisation, le sexisme,
l'intolérance religieuse et culturelle, la répression militaire, la faible ou
inexistante responsabilité sociale des médias, les égoïsmes et les concurrences
nationalistes, les traitements abusifs et méprisants de la part des
fonctionnaires publics, les incompréhensions et les craintes des responsables
politiques, les retards et les hésitations administratives des institutions
publiques, et toutes autres formes de discriminations,
Nous, migrantes et migrants du monde entier,
Librement auto convoqués,
Usant du plein exercice de la dignité et des droits
hérités de l’essence même de notre nature humaine,
Protagonistes de notre propre destin, partie
intégrante du destin de toute l'humanité,
Déclarons au monde entier :
QUE LA PLANÈTE ET L’UNIVERS QUI L’ENTOURE SONT DE TOUTES ET DE TOUS.
Nous habitons tous une seule et même maison: la
planète Terre et son univers.
De ce simple fait, naît le droit pour toutes et pour
tous, sans exceptions et sans différences aucune, à vivre en son sein,
dignement et en harmonie.
Tous les continents ont été un et un seul il y a des
millions d'années, quand la “Pangée”, ce grand continent unifié, a commencé à
se diviser puis s’éparpiller pour finalement s’entrechoquer de nouveau.
Aujourd'hui aussi, le Sud du monde vient parfois
s’introduire sans consultations ni permissions au Nord ; ainsi il n’est pas
rare de croiser en plein cœur de New York les couleurs de Tijuana, de Lima, de
Santiago ou encore les accents d’Alger, de Dakar, de San Salvador dans les
villes nord européennes.
Comme une ironie inconsciente de l’histoire que nous
construisons ensemble, les masses d'ex-colonisés "recolonisent" les
anciennes métropoles.
Ainsi, devant les inégalités criantes de la géographie
actuelle, des millions de démunis partent à la recherche de « leur part du
destin », poursuivant les nouvelles chimères offertes par le monde de la
consommation ; ils espèrent conduire les voitures luxueuses qu’ils ne pouvaient
qu’imaginer garder, laver ou essayer de voler dans les rues de leurs pays
d’origine.
Ils poursuivent le droit fondamental d'être ce qu’ils
veulent être et de ne plus se résigner à être simplement ce que l’endroit où
ils vivent leur permet d’être.
Et puis, dans le sens inverse, les Nations dites du «
premier monde » continuent à s’immiscer dans les espaces les plus pauvres et
sous développés de la planète, exploitant et drainant ses richesses,
privatisant ses grandes entreprises hier encore nationales, habitant ses
quartiers luxueux, imposant ses modèles globaux de consommation.
Cette fois ce n'est pas seulement la Terre qui bouge, c’est nous.
Nous migrantes, migrants du monde entier, femmes et
hommes vivant toutes les formes existantes de déplacements humains, sommes
partie intégrante des nouvelles réalités mondiales et expression emblématique
de ses contradictions et de ses défis.
Ainsi et même si l'ignorance, l'incompréhension et
l’apathie des États et de vastes secteurs de la population continuent de
montrer les phénomènes migratoires comme une tare à éviter pour la dignité et
le bonheur de l’humanité, ceux-ci sont porteurs d'espoirs et d’une richesse
énorme pour l'humanité toute entière.
Car de fait, nous modifions les formes habituelles de
penser et vivre la démocratie et la vie en société.
Nous sommes les embryons d’une nouvelle citoyenneté,
d'abord bi puis multi-nationale, finalement universelle, basée sur une
pluri-identité en construction.
Nous sommes les instigateurs d'un monde nouveau pour
tous et de tous, qui se construit depuis nos pays d'origine, de transit et
d’accueil, auxquels nous léguons une plus value, défiant obstacles et
incompréhensions, comme agent double ou multiple de développement.
Nous accomplissons une tâche historique et humaine.
Tous les continents ont été unis et ils le redeviendront.
***********************
Nous, migrantes et migrants, déclarons au monde entier
:
QUE LA MIGRATION SERA UNE OPTION LIBRE ET DIGNE POUR TOUS ET EN TOUT POINT
DE LA PLANÈTE.
La planète appartient à toutes et à tous, en termes
d’égalité de droits et de dignité. Aucun pouvoir et aucune autorité ne peut
nier le droit de toutes et tous à circuler et à résider en tout lieu.
Ainsi, comme les oiseaux en migration, nous nous
sommes toujours déplacés.
A l’instant même où nos ancêtres primates, il y a 10
millions d’années, sont descendus des arbres et ont commencé à marcher, se
transformant ainsi en hominidés, la migration est devenue quasiment une
définition de l’être humain. Notre histoire peut être racontée comme l’histoire
de nos mouvements effectués à l’encontre des obstacles qui furent placés en
vain sur son chemin pour l’arrêter.
D’abord durant les époques primitives et pour répondre
aux nécessités impératives de chercher ou de suivre les animaux, les végétaux,
les climats et les zones propices qui nous permettaient de survivre et
d’améliorer nos vies.
Puis plus tard, comme conséquence de l'expansion du
pouvoir des peuples les plus forts et les plus ambitieux, qui, en échange de
l'extermination de peuples plus nobles et « moins développés technologiquement
», nous ont imposés de belles églises construites avec l'argent de la Traite
des esclaves.
Depuis toujours, nous nous sommes déplacés. Les plus
heureux pour suivre un amour, une famille ou pour défendre une cause.
Aujourd'hui, même si les raisons qui font de nous des
migrants sont multiples, bien souvent c’est pour des motifs complexes et des
réalités douloureuses que nous migrons vers d’autres réalités qui ne sont pas
toujours celles que nous avons imaginées, quand pour la première fois nous
touchons ces continents inquiétants.
A notre époque où l'accès aux moyens de communication
rend visible l’énormité et la constance des inégalités croissantes du
développement mondial au sein des pays et entre les pays et permet également de
se projeter en des lieux où les rêves de vie meilleure peuvent devenir
réalités, les phénomènes migratoires actuels deviennent quasi-compulsifs pour
des millions d’entre nous.
De là naît souvent l’obstination, désespérée et
parfois fatale, contre vents et marées, réglementations, répressions ou
dangers, de migrer vers d'autres pays offrant davantage d’opportunités, formant
ainsi l’unique destin qui donne un sens à la vie et parfois à la mort pour des
millions d’entre nous.
Par leur ignorance et absence flagrante d'humanité,
les pouvoirs, les autorités, les lois et parfois les personnes, nous
considèrent de moindre valeur et par conséquent disposant de droits inférieurs.
Ils se trompent et se renient eux-mêmes en nous dévalorisant.
Nous sommes des êtres humains pleins et entiers. Nous
transportons et transformons notre identité et nos appartenances culturelles,
entre les avions, les bus, les trains, les bateaux, les pirogues, les routes,
les frontières, les préjugés, les mots de bienvenues, les douleurs, les
séparations, les joies, les rêves et les succès.
Nous vivons et existons. Nous sommes sur Internet,
nous pensons, dansons, luttons, consommons de la bière et du Coca Cola, payons
nos dettes, aimons, détestons, commettons des erreurs et changeons d’opinion.
Nous cherchons ce que tout à chacun cherche en fin de compte : le bonheur.
Et comme tout à chacun, nous disposons des mêmes
droits, tous exigibles, dans une égalité absolue de conditions.
Toute négation de ce principe de base est un défaut
d’humanité, c'est une négation de l’Humanité. Les lois, les réglementations et
les pratiques qui ne sont pas encore en cohérence avec ce principe disparaîtront
et ne resteront qu’un feu souvenir d’époques moins humaines qui ne reproduiront
plus.
Les inégalités de développement et de bien-être au
sein des pays et entre les pays est absolument évitable et constitue un crime
contre l'Humanité. Elles ne peuvent être que dépassées.
La migration, et toutes les formes de mobilité
humaine, deviendront une option libre et digne dans un monde digne appartenant
à toutes et à tous de la même façon, un monde de paix et de solidarité.
C'est pourquoi il ne peut exister de murs qui nous
arrêtent, de filets qui nous enferment, et de déportations qui tentent d’en
finir avec ce que nous sommes. Cela simplement parce que nous accomplissons un
devoir d'humanité.
Nous reconnaissons l'effort important des instruments
internationaux qui adoptent ces principes, spécialement ceux des Nations-Unies,
bien que nous les considérions encore insuffisants puisqu’ils n’atteignent en
rien une pleine reconnaissance et exercice de leur propos.
************************
Nous, migrantes et migrants, déclarons au monde entier
:
QUE LE RACISME EST UNE GRAVE ERREUR, CONSÉQUENCE DU
MANQUE D’EXPÉRIENCE ET D’ÉVOLUTION DE L’HUMANITE, ET QU'IL EST EN TRAIN D’ÊTRE
DÉPASSÉ PAR LE DÉPLOIEMENT DE LA CONSCIENCE HUMAINE.
Nous savons à présent et avec ferme certitude que nous avons tous commencé
à marcher en
Afrique il y a près de 10 millions d’années. Nous sommes tous africains
dans nos origines.
Nous savons d’où nous sommes venus, que les européens
sont turques, que nous avons des frères et des cousins dans tous les coins du
monde.
L’humanité est une, dans tous le sens du terme. Sa
longue histoire de diversité est le produit de la traversée du temps, de la
croisée des chemins, des géographies et des climats.
La couleur de peau est un joyeux accident des
circonstances de la vie, l’humanité elle-même le comprend au fur et à mesure
qu’elle grandit. Cela est inévitable.
Quand la conscience humaine sera suffisamment
développée, le racisme sera le souvenir des vieux jours de moindre humanité et
notre diversité de formes et de couleurs sera un précieux cadeau pour les
générations futures.
***********************
Nous, migrantes et migrants, déclarons au monde entier
:
QUE LA CULTURE, L'IDENTITÉ ET LA CITOYENNETÉ SERONT ÉTENDUES, INCLUSIVES ET
BASÉES SUR LA DIGNITÉ DE TOUTES ET DE TOUS.
La culture et l'identité sont un acte créateur propre
à chacune et à chacun d’entre nous.
Leurs diversités sont une richesse de l'Humanité dans
son ensemble.
Les difficultés actuelles, les incompréhensions et les
chocs culturels sont le fruit des modes de penser et d'agir encore
insuffisamment humanisés et affaiblissent chacun de nous d’une perte
d’humanité.
La pleine conscience qu'aucune culture et identité
n’est supérieure ou meilleure qu’une autre est en train d’émerger et continuera
à se développer ; cultures et identités ne sont que les différentes formes
d’expression d’une seule et même cosmovision : celle de notre communauté
humaine qui voit le monde et le comprend.
Par le simple fait d’exister, toute personne et toute
communauté a droit à sa ou ses cultures et identités, en pleine harmonie et
respect avec toutes les autres.
Aucune culture et identité ne peut être niée ou
disposer de moins de dignité ou de droits.
L’idée « d’universalisme » n’a été jusqu'à
présent qu’une « contrefaçon » : un fait local et ponctuel que l'on a
trompeusement présenté comme universalité.
L’unique « universalisme » légitime sera
celui construit par toutes et tous, libres, conscients et harmonieux.
La culture et l'identité seront étendues et inclusives
; elles pourront être une ou plusieurs à l’intérieur d’une seule ; s’exprimant
toujours en harmonie et en respect avec toutes les autres.
La citoyenneté, en droits et dignité pour les êtres
humains, ne naît de la grâce d'aucun pouvoir, autorité ou loi.
La confusion actuelle entre la citoyenneté et la
nationalité n'est qu’un exemple supplémentaire du manque d'humanité propre à
notre époque.
La citoyenneté est planétaire et l'Humanité doit
avancer vers la pleine reconnaissance de cette vérité qui naît du simple fait
d'exister en tant qu’Humanité.
Tous les droits, économiques, sociaux, culturels,
individuels et collectifs, en pleine égalité et dignité, le droit à la paix, à
la solidarité et à vivre en harmonie avec la planète et l'univers, seront un
devoir imprescriptible à tout pouvoir et à toute autorité.
JUSQU'À CE QUE LE PLEIN ACCOMPLISSEMENT DES PRINCIPES DE CETTE LETTRE SOIT
UNE RÉALITÉ, NOUS ÊTRES HUMAINS CONCIENTS ET RESPONSABLES, NOUS MIGRANTES ET
MIGRANTS DU MONDE ENTIER, HOMMES ET FEMMES VIVANT TOUTES LES FORMES EXISTANTES
DE DÉPLACEMENTS HUMAINS, ASSUMONS LE DEVOIR DE LUTTER POUR CE DEVOIR
D'HUMANITÉ.
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3. « La Charte des
Droits » - Proposition Asiatique – 2008
Nous, comme des êtres humains,
Comme des migrants partout dans le monde,
Comme des femmes et des hommes qui ont subies toutes
forme de mobilité humaine,
Ayant éprouvés, survécus et encore en lutte contre les
structures sociales et les processus et pratiques systémiques qui minent et
violent notre dignité inhérents et nos droits fondamentaux, tels que
l’esclavage, le trafic transnational, la contrebande humaine, le déplacement et
l’exil, le démenti de l’identification et l’accès à la protection légale et à
la citoyenneté, la xénophobie, le racisme, le sexisme, l’intolérance religieuse
et culturel, le traitement abusif et dédaigneux des fonctionnaires de l’état,
dans les pays d’origine, de passage et de destination, de même que toutes
autres formes d’exclusion matérielle et symbolique ;
Se rassemblant librement et volontairement,
Dans le plein exercice de nos droits,
Et comme fabricants de notre propre destin, en soi un
composant intégral du destin de la race humaine entière,
Déclarons au monde entier :
QUE LA PLANÈTE ET L’UNIVERS AUTOUR D’ELLE
APPARTIENNENT À TOUS.
Nous vivons tous dans un et le même domicile : la
terre planète et son univers.
Ce simple fait donne à chaque personne, sans
préférence ou exception, le droit de vivre ou que ce soit, en dignité et en
harmonie.
Tout le monde appartient a la famille humaine. Nous
partageons une humanité commune chargés d’utiliser les ressources naturelles
équitablement et soutenablement.
Il y a des millions d’années que les divers continents
n’étaient qu’une, jusqu’a que la « Pangaea », ou le grand continent
uni, s’est divise et s’est dédoubler à part, n’est-ce qu’ une fois de plus,
pour que ses parties se brisent les uns contre les autres.
Maintenant, construisant sur le patrimoine du
colonialisme et de l’impérialisme, la mondialisation de corporation intensifie
l’interdépendance des économies et les sociétés dans tous les continents, ayant
pour résultat la prospérité, mais pour quelques uns seulement, dans les pays
développés et en voie de développement ; l’érosion sans précédent de
l’environnement, aussi bien que des terrains communaux publics, et
l’approfondissement de la pauvreté globale. Ensuite, des femmes, des hommes et
des enfants appauvries ont dû quitter leurs pays d’origine a la poursuite de la
survie, de la sécurité, du bien-être et du bonheur.
Nous les migrants, soit permanent ou provisoire,
représentant au moins trois pour cent de la population globale, symbolisons les
contradictions, les conséquences et les défis de ces réalités globales.
Par notre présence, nous changeons la manière dont
pensent les gens sur la démocratie et la vie, et la manière dont ils
l’éprouvent, dans la société d’aujourd’hui.
Nous sommes l’embryon d’une nouvelle forme de
citoyenneté, un qui est multinational, même universel.
Nous sommes les catalyseurs d’un nouveau monde pour
tous, appartenant à tous. À ce nouveau monde nous apportons une valeur ajoutée.
Pour le bien de ce nouveau monde, nous surmontons des obstacles, en laissant
derrière nos pays et nos aimés.
Nous avons une tâche qui est en même temps historique
et tout a fait humain : c’est de réunir de nouveau les divers continents
brisés qu’autrefois n’étaient qu’un.
QUE CETTE MIGRATION EST UN DROIT DE L’HOMME
FONDAMENTAL.
La planète appartient à chacun avec égalité des droits
et dignité égale.
Les femmes ont le même droit que les hommes d’émigrer,
non seulement comme des personnes à charge mais aussi par leur propre agence.
Néanmoins, nous connaissons que l’exercice du droit
d’émigrer n’a pas lieu dans un vide. Il est exerce dans un contexte
socio-économique, politique et culturelle qui existe dans les pays d’origine et
les pays de destination. Il peut même être exerce et négocié par les états des
deux.
La migration actuelle, soit permanente ou provisoire,
est un produit de et une réponse à des inégalités globales, des changements
démographiques, la division internationale du travail par genre, et les
systèmes politiques du gouvernement des pays d’envoi et de destination.
Certains parmi nous ont pris l’option d’émigrer par choix authentique et
informé. Mais la majorité d’entre nous, surtout ceux venant du Sud, l’ont pris
par besoin, a fin d’assurer la survie de la famille au milieu des conditions
appauvries, accablantes, et exploitantes dans nos pays d’origine. Nous
poursuivons notre rêve d’avoir une meilleure vie par moyen du travail, de
mariage et d’immigration d’outre-mer.
QUE LES MIGRANTS SONT DES GENS, NON DES PRODUITS
COMMERCIALISABLES.
Indépendamment du statut juridique, nous avons des
droits inhérents, indivisibles, et inaliénables, étant des êtres humains, des
femmes et des ouvrières émigrées. Malgré les circonstances de notre présence
dans un pays où nous travaillons, nos droits ne doivent pas être diminuées,
niées, ni sacrifiées dans l’intérêt du développement économique, de la sécurité
nationale et de la géopolitique.
En plus, nous ne devons pas être sous la portée de
l’Organisation Mondiale du Commerce”, en particulier le mode 4 de son “Accord
Général sur le Commerce des Services”.
La connaissance de, le respect pour, et la protection
de nos droits de l’homme et notre bien-être, doivent être le centre du cadre de
la direction sur la migration et du développement, dans la politique et la
législation des pays de source et de pays de destination.
Nous, les femmes migrantes, avons les mêmes droits que
des hommes. En plus, en réponse a la discrimination sexuelle contre nous qui
est répandue et institutionnalisées, nos actions pour avoir une meilleur vie ne
donnent aucun permis à quiconque d’en profiter, soit de notre travail ni de
notre corps, par moyen du trafic et la prostitution.
Nous les fiancées et les épouses émigrées des
ressortissants étrangers avons le droit à notre propre statut juridique,
indépendamment du même statut de nos fiancés et maris.
Nos enfants devront avoir accès à l’enregistrement de
naissance, à l’éducation et aux soins de santé. Ils ont le droit de nationalité
et de citoyenneté, que leurs pères les reconnaissent ou pas.
Nous avons le droit de bénéficier des services de
santé génésique et d’obtenir l’aide appropriée de la source et des pays
destinataires au cas de la violence de genre ou la violence sexuelle.
Par l’ignorance, le préjudice, la xénophobie, et un
manque flagrant d’humanité, il y a des fonctionnaires du gouvernement et
d’autres autorités, aussi bien que des citoyens ordinaires, qui nous
considèrent et nous traitent comme des êtres de peu de valeur, ayant peu de
droits. Ils décrètent et imposent des politiques et des lois discriminatoires.
Ils nous méprisent en raison des différences que nous représentons. Ils nous
accusent de commettre des actes antisociaux.
Ils ont tort. En nous sous-évaluant, ils nient leur
humanité.
QUE LA MAIN-D’OEUVRE SAISONNIÈRE EST ÉCONOMIQUEMENT ET
SOCIALEMENT NÉCESSAIRE ET DE GRAND VALEUR DANS DES PAYS DESTINATAIRES.
Nous composons le corps du succès économique des pays
destinataires. Nous sommes présents dans tous les secteurs de l’économie -
agriculture, fabrication, et services. La soigneuse d’enfants, du malade et des
personnes âgées est transnationale avec le visage d’une femme migrante du Sud.
Nous méritons du travail décent, qui a la sécurité de
tenure, de la compensation juste avec benefices, et tous les avantages et les
droits appropriés compatibles à des instruments internationaux du travail et
des normes informés par les principes de la non-discrimination et de l’égalité
du traitement, comme ont les ressortissants.
Nous affirmons que le travail de femmes doit être
reconnue comme valable et doit être élevé au secteur formel. Le travail
domestique et le travail de soin font parti de la main d’ouvre spécialisée. En
soi, ils méritent d’être considéré comme du travail formel. L’identification
formelle finira notre exclusion dans la législation du travail et accédera à la
justice. Elle devrait éliminer la discrimination contre nous, particulièrement
en forme de violence et de bas statut. Elle nous rendra fières de nous-mêmes et
de notre travail.
Nous avons des droits à la protection de santé et de
la sûreté des conditions du travail. Ceux-ci incluent l’exercice des droits
reproductrices. Aucune migrante ne devrait être écarté du travail puis
rapatriée à son pays d’origine par raison de grossesse
Nous avons le droit au regroupement familial. Les
familles sont l’unité sociale de base dans la plupart des sociétés. Leur
bien-être et sécurité est souvent la raison derrière notre décision d’émigrer.
Etant séparés de nos familles nous rend vulnérables au mal du pays, à la
solitude et à d’autres issues de santé psycho- émotifs. On s’est avéré que le
regroupement familial exerce des effets positifs sur nous. Par conséquent, nous
travaillerons vers l’identification universelle du droit des migrants au
regroupement familial.
QUE LES MIGRANTS CONTRIBUENT À LA DIVERSITÉ
CULTURELLE.
La diversité culturelle est « une capital aimée
pour l’avancement et le bien-être de l’humanité dans son ensemble, et devrait
être évaluée, appréciée, véritablement acceptée et embrassée comme dispositif
permanent qui enrichit nos sociétés. » (Déclaration 2001 de Durban des
parties d’états dans la conférence du monde contre le racisme, la xénophobie et
d’autres formes de discrimination.) Les gens se rendent compte de plus en plus
qu’aucune culture ou identité n’est supérieure à une autre. Et que n’importe
quelle idéologie basée sur la supériorité raciale et culturelle est fausse et
inacceptable. Cette conscience continuera à se développer jusqu’à ce que nous
voyions que les cultures et les identités sont simplement des formes
différentes d’expression d’une vision simple et même cosmique : comment le
monde est vu et comment il est compris par notre communauté des êtres humains.
Par le fait même de leur existence, chaque personne et
chaque communauté a droit à sa propre culture et a sa propre identité, dans
l’harmonie avec, et respectée par, toutes les autres.
Aucune culture ou identité, ne peut être niée sa
dignité et ses droits.
Jusqu’ici, le concept de l’« universalisme »
a été conçu comme quelque chose de « fausse », un fait local et
passager qui est incorrectement perçu comme universalité.
L’« universalisme » sera seulement légitime
quand chacun de nous aurait contribué librement, consciemment et
harmonieusement à son existence.
Le respect pour la diversité culturelle et
l’institutionnalisation des espaces et des mécanismes pour un dialogue sans
cesse parmi les diversités, sont des blocs constitutifs dans la création des
sociétés égalitaires, démocratiques et inclues.
QUE LES MIGRANTS ONT LE DROIT DE PARTICIPER AU
GOUVERNEMENT DANS LES PAYS D’ORIGINE ET DE DESTINATION.
La citoyenneté, comme expression des droits et de la
dignité pour tous les êtres humains, n’est pas crée par aucune puissance,
autorité ou simple loi. La confusion courante autour du concept de la
citoyenneté et de la nationalité, montre le manque d’humanité qu’existe encore
á nos jours.
Tandis que nous vivons et nous travaillons dans des
terres et mers étrangères, nous ne cessons pas de consolider les multiples
liens qui nous relient a nos mères patries respectives, dans divers secteurs -
sociaux, économiques, culturels, politiques et spirituels.
Nous avons la liberté et le droit de s’organiser, de
devenir des membres des syndicats, pour qu’on soit entendues dans des
structures de gouvernement, soit dans des pays d’origine ou destinateur. Nous
sommes dans la meilleure position de parler pour nous-mêmes et d’avancer notre
ordre du jour commun au développement.
Les droits de citoyenneté dans des pays destinataires
ne doivent pas être limités aux ressortissants.
La citoyenneté est planétaire. L’humanité devrait se
rapprocher à la réalisation totale que cette vérité est intégrale à l’existence
même de l’Humanité.
Ainsi, les organismes gouvernementaux,
intergouvernementaux et internationaux qui s’occupent de la main-d’œuvre
saisonnière, soit dans les pays d’origine ou destinateur, devraient
institutionnaliser des espaces et des mécanismes pour notre représentation,
participation et enclenchement.
Les avances en technologie de l’information permettent
l’exercice de nos droits de citoyenneté soit dans les pays d’origine ou de
destination.
QUE LES ÉTATS NATION ONT LA RESPONSABILITÉ DE CRÉER UN
ORDRE SOCIAL NATIONAL ET INTERNATIONAL FONDÉ SUR LE RESPECT ET LA PROMOTION DES
DROITS DE L’HOMME QUI FAVORISENT L’ACCOMPLISSEMENT DU DÉVELOPEMENT HUMAIN ET DU
BONHEUR TOTAL.
Nos remises soutiennent nos familles et empêchent
l’effondrement de l’économie de nos pays d’origine.
Pour cette raison, beaucoup de gouvernements comptent
sur l’emploi d’outre-mer comme une stratégie au développement.
Les coûts sociaux ont été énormes. Des familles se
désagrègent. Des enfants deviennent des orphelins avec des problèmes émotifs.
Il y a un exode des compétences et une hémorragie de cerveau car les
professionnels, particulièrement les médecins et les infirmières, quittent
leurs patries à la recherche de meilleurs salaires et conditions de travail. En
effet, les pays développés sont en train d’en siphonner les meilleurs et les
plus lumineux.
La déclaration du Droit au Développent des Nations
Unies souligne la responsabilité primaire des états pour la « création des
conditions nationales et internationales favorables à la réalisation du droit
au développement.
« D’ailleurs, elle soulève le concept d’un
« contrat au développement » parmi des pays, qui les obligeraient a
forger « des engagements réciproques pour satisfaire les obligations de la
Nation Etat de même que de la communauté internationale vers la réalisation du
Droit au Développement”.
Le développement n’est pas seulement un sujet
national. Il est global et n’exige pas moins que la coopération et la
solidarité internationale.
Nous sommes conscient du fait que sans agir, sans
s’organiser, et sans lier les mouvements de divers migrants partout, notre humanité
continuera à être niée.
Ainsi, nous nous engageons à continuer à discourir, à
établir des unités à travers les continents, à transformer les relations et les
structures sociales vers l’intensification, l’élargissement et l’avancement de
notre lutte commune pour la réalisation de nos droits de l’homme et d’un monde
divers, différent, et juste où nous pouvons tous être vraiment égaux, exerçant
nos pleins droits de citoyenneté sans distinction entre être migrant ou
national.
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4. « La Charte de la
Résistance » - Proposition africaine - 2008
Considérant que les restrictions actuelles à la
liberté de circulation restreignent uniquement celle des plus pauvres et
reflètent non seulement la montée en puissance des nationalismes xénophobes
mais aussi la peur élitiste à l’égard des populations exploitées et
défavorisées ;
Considérant que les politiques sécuritaires font croire
que les migrations sont un problème et une menace alors qu’elles constituent
depuis toujours un fait historique naturel et que, loin d’être une calamité
pour les pays développés, elles constituent un apport économique et culturel
inestimable ;
Considérant que les mesures sécuritaires ne mettront
pas fin aux flux migratoires, induits par de multiples facteurs, et que les
expériences historiques de libre circulation des personnes ont montré que
celle-ci ne limite ni la souveraineté ni la sécurité des Etats qui sont
davantage menacées aujourd’hui par la libre circulation des capitaux ;
Considérant que, ce sont encore les pays du Sud qui
financent les pays du Nord alors que les écarts de revenus par habitants entre
le nord et le sud ne cesse de s’accroître ;
Refusons de vivre dans un monde aux frontières de plus
en plus militarisées qui segmentent nos continents et veulent transformer
chaque groupe de pays en forteresse et Refusons la division de l’humanité entre
ceux qui peuvent circuler librement sur la planète et ceux à qui cela est
interdit ;
Indignés par la guerre aux migrants qui s’amplifie
d’année en année le long des frontières des pays riches avec les pays les plus
défavorisées ;
Les Migrants d’origine africaine et
leurs organisations œuvrant à partir de l’Afrique proclament la présente
charte ;
Article 1 : tout (e) migrant (e) à le droit et le devoir de
résister par tout les moyens pacifiques à l’idéologie sécuritaire et répressive
qui oriente les politiques migratoires, notamment à « l’externalisation »
de l’asile et des contrôles aux frontières, à la criminalisation des
migrations, ainsi qu’à toute loi raciste, xénophobe ou discriminatoire.
Article 2 : tout (e) migrant (e) à le droit et le devoir de
résister pacifiquement aux opérations d’expulsion et de refoulement prises à
son égard en vertu de lois pénalisant le délit de « séjour
irrégulier » et de l’aide aux personnes contraintes à ce type de séjour.
Article 3 : tout (e) migrant (e) à le droit et le devoir de
résister pacifiquement aux décisions de son placement dans un lieu
d’enfermement destiné aux étrangers en vertu de la directive retour adoptée par
les pays de l’Europe. La fermeture de tous les lieux d’enfermement et autres
dispositifs de blocage des personnes aux frontières, constituent un objectif
vers lequel toutes les luttes menées par les migrant (e) doivent converger.
Article 4 : tout (e) migrant (e) à le droit et le devoir de
recourir a toutes les formes de résistance pacifique, y compris les actions
judiciaires pour obtenir la suppression des visas et de toutes les entraves
posées à la sortie et/ou l’entrée d’un territoire.
Article 5 : tout (e) migrant (e) à le droit et le devoir de
participer activement à la refondation des politiques migratoires sur la base
du respect des droits humains, d’une réelle égalité des droits des personnes
vivant sur un même territoire et à la revendication de la régularisation de
tous les migrants sans papiers.
Article 6 : tout (e) migrant (e) à le droit au regroupement
familial. Aucune entrave, ni restriction de quelle nature qu’elle soit, ne peut
limiter ce droit.
Article 7 : tout (e) migrant (e) à le droit et le devoir de
résister pacifiquement à toute mesure et décision visant la remise en cause des
instruments de protection internationale, notamment les instruments consacrant
la reconnaissance et le respect du droit d’asile.
Article 8 : tout (e) migrant (e), notamment les réfugiés
statutaires ont le droit et le devoir de revendiquer une complète liberté de
circulation et d’installation et une protection à travers le monde, sans
restriction aucune.
Article 9 : tout (e) migrant (e) à le droit et le devoir de ne
pas reconnaître les accords conclus entre puissances du Nord et pays d’origine
en matière migratoire au cas ou, ces accords ne reposeraient pas sur le
principe du respect des intérêts supérieurs des migrants (es) établis dans les
pays du Nord.
Article 10 : tout (e) migrant (e) à le droit et le devoir d’œuvrer
par tout moyen pacifique pour la suppression des conditionnalités imposées aux
pays d’origine dans les négociations internationales, et tout particulièrement
celle de la sous-traitance de la lutte contre les migrations et les mesures
susceptibles de porter atteinte à la souveraineté alimentaire des pays en
développement, ainsi que tout accords qui ne respecterait pas le principe
d’égalité des interlocuteurs.

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