Le dimanche 6 février, toute la troupe de la
Caravane et de la Charte Mondiale a repris le bateau pour retourner sur le
continent et participer à un autre événement passionnant : la Forum Social
Mondial ! Passionnant, le FSM l’était à plus d’un titre : 60 000
personnes, une société civile mondiale diversifiée et plurielle, une ambiance
électrique, réceptacle des révolutions en cours dans le monde arabe, une grande
place attribuée aux questions africaines, à commencer par la migration, etc.
1. Qu’est-ce que c’est le FSM?[1]
Le
Forum Social Mondial est né à l’initiative d’acteurs des sociétés civiles du
Sud, notamment du Brésil, pour faire entendre des voix alternatives au moment
où se réunit chaque année le Forum Economique Mondial de Davos[2].
Le
FSM a ainsi été dès son origine un espace où s’exprime la contestation de
l’ordre économique néolibéral représenté par les Institutions Financières
Internationales (Banque Mondiale et FMI) et l’Organisation Mondiale du Commerce
(OMC). Il s’inscrit dans la continuité des mobilisations contre l’OMC en 1999 à
Seattle, ou de la mobilisation contre le G8 à Gênes en 2002, et se retrouve
autour du slogan désormais célèbre : « un autre monde est
possible ».
Le
FSM est le premier événement global porté par des sociétés civiles du monde
entier, élaboré pour se dérouler au Sud, avec pour objectif le rassemblement de
citoyens et d’organisations de la société civile qui se retrouvent pour
discuter et proposer des alternatives au système dominant.
Si
le FSM est né au Brésil, à Porto Alegre en 2001, le processus s’est développé
dans de nouvelles aires géographiques. Il est aujourd’hui porté par des acteurs
de tous les continents :
·
Forums
régionaux : Forum social africain, Forum social maghrébin, Forum social
des Etats-Unis, Forum social européen, Forum social des Amériques…
·
Forums
thématiques : Forum social des migrations, Forum social de l’éducation,
Forum droit à l’alimentation et souveraineté alimentaire…
Les principes centraux de la Charte
·
Le FSM est
un espace ouvert, qui permet la confrontation d’idées, l’élaboration
d’alternatives à la mondialisation néolibérale, ainsi que la décision d’actions.
·
Un des
principes fondateurs du FSM est l’horizontalité. Ainsi, il n’y a pas de
hiérarchie entre les acteurs, ni de porte-parole du processus. Le principe
ayant permis de prioriser depuis son origine la recherche d’ouverture et
l’horizontalité est celui de l’auto-organisation des activités par les
participants du forum.
Qui participe au FSM ?
Appartenant
à la société civile à divers titres, on retrouve : mouvements sociaux,
ONG, syndicats, mouvements paysans, universitaires, organisations d’églises,
médias alternatifs… Ils ne doivent pas appartenir à un groupe armé, ni
représenter un parti politique.
Les 10 éditions du FSM
Les 10 éditions du FSM
·
2001 /
2002 / 2003 : Porto Alegre (Brésil)
·
2004 :
Mumbai (Inde)
·
2005 :
Porto Alegre (Brésil)
·
2006 :
FSM polycentrique à Bamako (Mali) / Karachi (Pakistan) / Caracas (Venezuela)
·
2007 :
Nairobi (Kenya)
·
2008 :
Journée mondiale d’action
·
2009 :
Belém (Brésil)
·
2011 :
Dakar (Sénégal)
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2. Les enjeux du Forum Social Mondial 2011 à Dakar[3]
Les
enjeux du Forum Social Mondial à Dakar s’organisent autour de trois grandes
questions : la situation mondiale et la crise ; la situation des
mouvements sociaux et citoyens ; le processus des forums sociaux mondiaux.
La situation mondiale et la crise
La
situation mondiale est caractérisée par la profondeur de la crise structurelle
de la mondialisation capitaliste. Les quatre dimensions de la crise, sociale,
géopolitique, écologique et idéologique, seront abordées à Dakar. La crise
sociale sera abordée à partir notamment des inégalités, de la pauvreté, des
discriminations. La crise géopolitique sera discutée à partir notamment des
guerres et des conflits, de l’accès aux matières premières, de l’émergence des
nouvelles puissances mondiales. La crise écologique sera présente à partir
notamment du changement climatique, de l’épuisement des ressources naturelles,
de l’eau, de l’accaparement des terres, de la désertification, de la
biodiversité. La crise idéologique sera débattue à partir notamment des
idéologies sécuritaires, de la remise en cause des libertés et de la
démocratie, de la culture, de la science, de la modernité. L’hypothèse d’une
crise de civilisation, très présente depuis le Forum social de Belém, sera
approfondie.
L’évolution
de la crise met en évidence une situation contradictoire. Les analyses portées
par le mouvement altermondialiste sont acceptées et reconnues et contribuent à
la crise de l’idéologie néolibérale. Les propositions issues des mouvements
sont acceptées comme base de référence ; par exemple, le contrôle du
secteur bancaire et financier, la suppression des paradis fiscaux et judiciaires,
les taxes internationales, le concept de sécurité alimentaire, considérées il
n’y a pas si longtemps comme des hérésies, sont à l’ordre du jour du G8 et du
G20. Pour autant, elles ne se traduisent pas dans des politiques viables ;
elles sont déviées et récupérées et se heurtent à l’arrogance des classes
dominantes sûres de leur pouvoir.
La
validation des hypothèses se traduit par une certaine banalisation de la parole
du mouvement. Elle nécessite d’affiner les perspectives et de donner plus de
place au débat stratégique, à l’articulation entre l’urgence et la durée, les
résistances et la transformation en profondeur. La situation met en évidence la
double nature de la crise, celle d’un emboîtement entre la crise du
néolibéralisme, qui est une phase de la mondialisation capitaliste, et une
crise de la mondialisation capitaliste elle-même ; une crise du système
qui peut être analysée comme une crise de civilisation, celle de la
civilisation occidentale qui s’est imposée au début du 15ème siècle.
Les
alliances stratégiques dans cette situation doivent correspondre à une double
exigence. La première exigence concerne la lutte contre la pauvreté, la misère,
les inégalités, la précarité, les atteintes aux libertés dans le monde pour
permettre l’amélioration des conditions de vie et l’expression des couches
populaires directement frappées par les politiques économiques et sociales
dominantes. La deuxième exigence met en évidence qu’un autre monde possible et
nécessaire passe par la rupture avec les modes de production, de consommation
et de redistribution économiques, sociaux, écologiques, avec les rapports de
force géopolitiques posés ces dernières décennies et les modèles démocratiques
mis en avant par l’occident.
Trois
propositions émergent dans les réponses à la crise : celles du
néo-conservatisme qui proposent la sauvegarde de la logique dominante et des
privilèges qui lui sont attachés au prix de la restriction des libertés, de la
poursuite de l’accroissement des inégalités et de l’extension des conflits et
des guerres ; celle d’une refondation en profondeur du capitalisme
défendue par les tenants du « Green new-deal » qui proposent une
régulation mondiale, des redistributions relatives et une promotion
volontariste des « économies vertes » ; celle d’une alternative
radicale écologique et sociale qui corresponde à un dépassement du système
actuellement dominant. L’espace du Forum social mondial regroupe tous ceux qui
refusent l’option néoconservatrice et le maintien de la logique néolibérale. Il
constitue un espace de discussion, vigoureux et évolutif, entre les mouvements
qui se situent dans la perspective d’un « débordement » d’un
« Green new-deal » et ceux qui défendent la nécessité des
alternatives radicales.
La référence au contexte africain
Le
Forum social mondial de Dakar mettra en avant plusieurs questions essentielles
que la référence au contexte africain permettra de mieux mettre en évidence.
L’accent sera mis sur la place de l’Afrique dans la situation mondiale et dans
la crise. L’Afrique est un révélateur et un analyseur de la situation mondiale.
L’Afrique n’est pas pauvre ; elle est appauvrie. L’Afrique n’est pas
marginalisée ; elle est exploitée. Elle est indispensable à l’équilibre
économique et écologique du monde par ses matières premières et ses ressources
naturelles et humaines qui sont convoitées tant par les pays du Nord que par
les pays émergents, avec la complicité active d’une partie des dirigeants des
Etats africains.
L’accent
sera aussi mis sur la décolonisation en tant que processus historique inachevé.
La crise du néolibéralisme et celle de l’hégémonie des Etats-Unis inscrivent la
possibilité d’une nouvelle phase de la décolonisation, ainsi que
l’affaiblissement des puissances colonisatrices européennes. La représentation
Nord-Sud est en train de changer ce qui n’annule pas la réalité des
contradictions géopolitiques et économiques entre le Nord et le Sud.
L’accent
sera mis sur les diasporas et les migrations en tant que question structurelle
de la mondialisation. Cette question sera abordée à partir de la situation
actuelle des migrants et de leurs droits. Elle sera inscrite dans le temps long
à partir d’un retour sur la traite esclavagiste. Elle sera mise en perspective
à partir du rôle grandissant, économique et culturel, des diasporas.
L’accent
sera mis sur l’évolution du système international, des institutions
internationales et des négociations internationales. Elle concernera
particulièrement des questions qui rendent criantes les nécessités d’une
régulation mondiale : les équilibres écologiques ; les migrations et
les diasporas ; les conflits et les guerres.
La situation des mouvements sociaux
et citoyens
La
convergence des mouvements qui constitue l’espace du Forum social mondial est
engagée dans des résistances sociales, écologiques et démocratiques. Les luttes
sociales se prolongent dans les luttes citoyennes, pour les libertés et contre
les discriminations. Les résistances sont indissociables des pratiques
concrètes d’émancipation qui sont portées par les mouvements.
L’orientation
stratégique des mouvements s’organise autour de l’accès aux droits pour tous,
de l’égalité des droits et de l’impératif démocratique. Les mouvements sont
porteurs d’un nouveau mouvement historique d’émancipation qui prolonge et
renouvelle les mouvements précédents. C’est autour de la définition des droits,
de leur mise en œuvre et de leur garantie que se définit une nouvelle période
d’émancipation possible. Elle implique que soit revisitées les conceptions des
différentes générations des droits : les droits civils et politiques
formalisés par les révolutions du 18ème siècle, réaffirmés avec la Déclaration
universelle des droits de l’Homme, complétés par les approches de remise en
cause des totalitarismes des années 60 ; les droits des peuples portés par
le mouvement de décolonisation autour du droit à l’autodétermination, du
contrôle des ressources naturelles, du droit au développement et du droit à la
démocratie ; les droits économiques, sociaux et culturels spécifiés dans
la Déclaration universelle et précisés par le Protocole additionnel adoptés par
l’Assemblée générale des Nations Unies en 2000.
Une
nouvelle génération de droits est en gestation ; elle correspond à
l’expression de la dimension planétaire et aux droits qui se définissent dans
la recherche d’un autre monde par rapport à la mondialisation dominante. De ce
point de vue, deux questions seront très présentes à Dakar : les droits
environnementaux dans la perspective de la préservation de la planète ;
les droits des migrants et des migrations qui interpellent la place des
frontières et l’organisation de l’espace mondial. Le FSM de Belém a mis en
évidence l’intérêt de l’approche des mouvements dans la question écologique
dans ses différentes dimensions, du climat à l’épuisement des ressources
naturelles et de la biodiversité, à l’accaparement de l’eau, des terres et des
matières premières. Le FSM de Dakar mettra en évidence une nouvelle approche
des migrations avec la liaison entre migrations et diasporas et la Charte
mondiale des migrants.
Le
FSM de Dakar sera aussi un moment d’interrogation sur la décolonisation
inachevée et sur l’ouverture d’une nouvelle phase de la décolonisation. C’est
dans cette perspective que se situe l’évolution des rapports entre le Nord et
le Sud. Certes la représentation Nord-Sud change ; du point de vue de la
structuration sociale, il y a un Nord dans le Sud et un Sud dans le Nord.
L’émergence de grands Etats modifie l’équilibre économique et géopolitique
mondial. Elle est confortée par la montée en puissance de plus de trente Etats
qui peuvent être considérés comme émergents. Pour autant, les formes de
domination restent déterminantes dans l’ordre du monde ; la notion du Sud
conserve une forte actualité. Le Forum social mondial met l’accent sur une
question nouvelle, celle du rôle historique et stratégique des mouvements
sociaux et citoyens de l’ensemble des pays émergents, par rapport à leur Etat
et par rapport à la place de ces Etats dans le monde à venir. Cette question
qui a déjà marqué l’espace des forums avec le rôle joué par les mouvements
brésiliens et indiens, prend une importance stratégique avec l’évolution
géopolitique liée à la crise.
Le
Forum social mondial est l’espace de la rencontre entre les mouvements de
diverses natures et des différentes régions du monde. Cette rencontre avait
déjà commencé à partir des réseaux regroupant les différents mouvements
nationaux. Deux évolutions s’affirment à travers le processus des forums.
D’abord, les rapprochements entre les mouvements par grandes régions, leurs
caractéristiques et leurs situations spécifiques. Ainsi, les mouvements en
Amérique Latine, en Amérique du Nord, en Asie du Sud et notamment en Inde, en
Asie du Sud-Est, au Japon, en Europe, en Russie. Le Forum social mondial de
Dakar sera marqué par deux évolutions importantes. L’importance nouvelle des
mouvements de la région Maghreb-Machrek a marqué l’année 2010 et la préparation
de Dakar. La vigueur du mouvement social africain sera visible à Dakar, à
partir des mouvements paysans, syndicaux de salariés, des femmes, des jeunes,
des habitants, des migrants et des refoulés, des groupes culturels et
originaires, des comités contre la pauvreté et la dette, de l’informel et de
l’économie solidaire, etc. Ces mouvements sont visibles, avec leur convergence
et leur diversité dans les sous-régions africaines, en Afrique du Nord, surtout
le Maghreb, en Afrique de l’Ouest et centrale, en Afrique de l’Est et en
Afrique Australe.
Au
cours du Forum social mondial de Dakar, une question très présente sera celle
des débouchés politiques des mobilisations sociales et citoyennes. Elle
concerne à la fois la question de l’expression politique des mouvements et des
prolongements des mouvements par rapport aux institutions, à la scène politique
et au gouvernement des Etats. Au niveau de l’ensemble des mouvements, la
réflexion progresse sur l’importance de préciser, à travers l’invention d’une
nouvelle culture politique, le rapport entre pouvoir et politique. Le processus
des FSM a posé des bases de cette nouvelle culture politique (horizontalité, diversité,
convergence des réseaux citoyens et des mouvements sociaux, activités
autogérées, …) mais doit encore innover sur plusieurs approches de la politique
et du pouvoir pour pouvoir dépasser l’ancienne culture politique qui reste
largement dominante. Par ailleurs, la traduction politique des avancées des
mobilisations dépend des situations. Elle se différencie suivant les niveaux de
la nature des institutions et des représentations politiques : au niveau
local avec la possibilité de peser sur les choix des autorités locales ;
au niveau national et international avec le gouvernement des Etats, les régimes
politiques et les institutions internationales ; au niveau régional et
mondial avec les alliances géoéconomiques et géoculturelles et avec la
construction d’une opinion politique mondiale et d’une conscience universelle.
Le processus des forums sociaux
mondiaux
Après
le Forum social de Belém, pendant l’année globale d’actions 2010, plus de
quarante événements ont montré la vigueur du processus. Parmi eux, le forum des
dix ans à Porto Alegre, le forum social des Etats-Unis, celui de Mexico et le
forum des Amériques, plusieurs forums en Asie, le forum mondial de l’éducation
en Palestine, plus de huit forums au Maghreb et au Machrek, etc. Chaque
événement associé a été décidé et organisé par un comité d’initiative local.
Celui-ci se réfère à la Charte des principes du Forum social mondial, adopte
une méthodologie qui laisse une place importante aux activités autogérées,
déclare son initiative au Conseil International du FSM. Cette
multiplication ouvre une perspective d’extension du processus des forums. Elle
a pris une autre forme avec celle des « forums étendus » qui consiste
à associer à un forum, par des liaisons internet, des initiatives locales dans
différents pays. Ainsi, au moment du Forum mondial de l’éducation en Palestine,
plus de quarante initiatives se sont associées aux diverses manifestations de
Ramallah. Les initiatives associées du « Dakar étendu » innovera dans
le processus des forums.
La
préparation du FSM de Dakar s’est appuyée sur les événements de l’année globale
d’actions 2010 et sur une série d’initiatives qui a cherché à faire converger
les mobilisations et a permis d’explorer de nouvelles pistes en matière de
l’organisation et de la méthodologie des forums. Ainsi, on peut déjà retenir
les caravanes convergentes vers Dakar en passant par le forum des femmes à
Kaolack, les journées migrations et diasporas, les assemblées de convergence
pour les actions, les forums associés (l’Assemblée mondiale des habitants,
science et démocratie, syndical, des autorités locales et des autorités locales
de périphérie, des parlementaires, de la théologie de la libération, etc.).
Après Dakar,
un nouveau cycle du processus des forums sociaux sera engagé. Le renforcement
du processus des forums sociaux pourrait rejoindre les grandes mobilisations
qui comme Rio+20, les mobilisations pour le G8-G20, ou d’autres en
accepteraient la démarche. Elles seraient reconnues comme des événements
associés au processus des forums, renouant ainsi avec les mobilisations qui,
comme à Seattle en 1999, ont contribué à son lancement. LA PRESENCE DE LA CHARTE MONDIALE DES MIGRANTS AU FSM
Le dimanche 6 février, toute la troupe de la Caravane
et de la Charte Mondiale a repris le bateau pour retourner sur le continent et
participer à un autre événement passionnant : la Forum Social
Mondial ! Passionnant, le FSM l’était à plus d’un titre : 60 000
personnes, une société civile mondiale diversifiée et plurielle, une ambiance
électrique, réceptacle des révolutions en cours dans le monde arabe, une grande
place attribuée aux questions africaines, à commencer par la migration, etc.
Le forum a été l’occasion de promouvoir le
processus et les principes da la Charte Mondiale ses Migrants au niveau
mondial. En participant et en intervenant dans de nombreux ateliers sur la
migration, la Charte a contribué à diffuser toutes les valeurs et les idées
politiques muries pendant les consultations des assemblées locales et la
rencontre mondiale de Gorée. En particulier, un atelier a été spécialement
conçu afin de diffuser et de présenter le texte de la Charte et de réfléchir
avec les participant aux pistes d’actions qui peuvent en découler. La
déclaration finale de l’assemblée des mouvements sociaux montre l’impact des
migrants et associations de migrants au FSM et l’extrême importance qu’il
reconnait aujourd’hui à apporter des solutions aux problèmes des migrants.
LE PASSEPORT UNIVERSEL
Rien
de moins que réaliser l'impossible. Divers mouvements et
structures s'engagent dans la lutte pour l'avènement d'un nouveau type
de citoyenneté[4]
Cette édition 2011 du Forum social mondial
a pour axe de réflexion majeur la question des migrations.
Parmi les initiatives, un atelier était
consacré mercredi à la citoyenneté universelle. Une rencontre où ont été
présentées, entre autres, la Charte Mondiale des migrants adoptée la semaine
dernière à Gorée et l'idée de
Passeport de citoyenneté universelle.
Présents à cet atelier, la Charte Mondiale
des Migrants donc, le Mouvement Utopia[5],
Emmaüs International[6], Visa du
monde et la Fondation France Liberté[7].
Face aux représentants de ces structures ou mouvements, une salle comble.
La séance débutera par une brève
présentation de la Charte Mondiale des Migrants, écrite par les migrants
eux-mêmes et laquelle pose la liberté de circulation et d'installation comme
droit absolu.
Adoptée vendredi dernier, le travail ne
fait pourtant que commencer pour les migrants qui se sont ainsi réapproprié
leur propre parole. Le texte s'adresse à tous, à chaque être humain et est
destiné à donner à tous le courage de lutter et d'agir. Un document qui, en
quelques sortes, est fait pour « s'attaquer au système qui veut réglementer les
déplacements dans le monde, un système qui ne fonctionne pas, un système qui
s'oppose à l'Humanité » dira Jelloul Ben Hamida, coordonnateur de la Charte. En
bref, un outil destiné à aller vers une nouvelle citoyenneté fondée non plus
sur la nationalité mais sur la résidence.
A la suite de cette présentation, Ricardo
Jimenez, militant latino-américain et porteur du projet de Charte sur ce
continent là, expliquera que la crise migratoire a une cause historique : les
lois, normes et critères de migration sont hérités du siècle passé et sont
aujourd'hui caduques et obsolètes.
Celui-ci fera ensuite le parallèle avec
l'esclavage, qui fut légal pendant des siècles et dont la lutte pour
l'abolition fut longue mais victorieuse. « L'humanité va devoir inéluctablement
se diriger vers une solution de citoyenneté universelle, dira-t-il. Une
nouvelle citoyenneté qui devra nécessairement être accompagnée d'une nouvelle
distribution des richesses ».
Et de reprendre « On ne peut pas prévoir
l'avenir, mais l'on voit bien que des chemins s'ouvrent, que des blocs
régionaux se constituent, un peu à l'image de l'Europe. Ce cheminement montre
que l'on se dirige vers la citoyenneté universelle, même si la route qui y mène
sera probablement longue et semée d'embûches ».
Puis de conclure par une citation de Nelson
Mandela : « Les choses ne sont impossibles que jusqu'à ce que nous les
réalisions ».
Un passeport de citoyenneté universelle à
l'horizon 2012
C'est naturellement que l'intervention
glissera alors vers le projet de passeport de citoyenneté universelle. Un
passeport à la fois symbolique et de combat.
Le projet, initié il y a peu, est d'ores
et déjà bien avancé. Ce passeport devra être délivré par les Etats, dans leurs
ambassades, comportera à l'intérieur un texte proclamant les préceptes de cette
nouvelle citoyenneté lequel devra être signé à la fois par la société civile et
par les mouvements politiques.
Enfin, les principes inscrits dans la
Charte mondiale des migrants s'appliqueront aux ressortissants des pays
signataires du passeport. Et pour réaliser ce projet, ses promoteurs se fixent
un objectif temporel très ambitieux, à savoir une première émission de
passeport en février 2012.
Des négociations sont déjà initiées avec
l'Equateur (lequel promeut depuis plusieurs année cette idée de citoyenneté universelle)
et des premiers contacts ont été noués avec la Guinée.
Au final, trois heures d'échanges riches
et reconnus par l'ensemble de l'assemblée comme tels. Une thématique centrale
pour un enjeu primordial, peut être l'enjeu majeur du XXIème siècle, celui de
la migration, celui de l'abattement des murs, celui d'un monde nouveau,
pluriel, solidaire et responsable.
La CMM à la
manifestation contre FRONTEX[8]
Le 10 février au matin, quelques 600
personnes répondaient à l’appel à protester « Contre la mort de milliers de
migrants aux frontières extérieures de l’Europe », en défilant depuis la Poste
de la Medina jusqu’au bureau de Frontex sur la place d’Oran à Dakar.
Le Comité Migration et Diaspora, la
Charte Mondiale des Migrants, la Caravane du Maroc, le réseau
Afrique-Europe-Interact, le « Forum Permanent des Acteurs de la Pêche
Artisanale en Afrique » et l’ « Association des jeunes rapatriés de Thiaroye
sur mer » s’étain mobilisés, dans le cadre du Forum Social Mondial, pour aller
protester contre les agissements de l’agence Frontex qui, depuis son entrée en
fonction, est responsable de la mort de plusieurs milliers de migrants.
Le réseau Afrique-Europe-Interact a
organisé le départ pour la manifestation à partir du campus de l’université
Cheikh Anta Diop. De là, ils ont traversé les quartiers de la Geule Tapée et de
la Medina, pour arriver à la Poste de la Medina où était le rdv pour la marche.
Sur le chemin vers la place d’Oran, on a pu entendre les slogans suivants : «
il n’y a pas d’illégaux ! Solidarité avec les migrants et les migrantes !
Solidarité avec les sans-papiers ! Les travailleurs et travailleuses émigrés
maintiennent l’économie de l’Europe comme celle des pays africains à bout de
bras ! Nous sommes tous(tes) des migrant(e)s ! Pour le droit à la migration !
Frontex tue les migrants sur la mer, tue vos enfants ! ».
La menace proférée au début
d’interdire la manifestation sur ce trajet d’à peine 700 mètres ne fut pas
suivie d’effets ; en échange, les manifestants furent accompagnés, de la Poste
de la Medina jusqu’au bâtiment de Frontex, d’une forte présence policière (une
centaine de fonctionnaires armés, environ).
Peu avant l’arrivée du cortège,
quelques activistes avaient réussi à pénétrer dans le bâtiment de la Sureté
Nationale Sénégalaise pour accrocher une banderole « Frontexplose ! » au
balcon. Après quelques minutes d’exposition, celle-ci fut retirée par des
policiers, et le petit groupe s’en est sorti avec un contrôle d’identité. Le
rassemblement devant le bâtiment de Frontex prit la forme d’un sit-in. Entre
autres orateurs(trices), il y avait Madjiguène Cissé du comité Migration et
Diaspora du FSM, Ousmane Diarra de l’Association Malienne des Expulsés et
Fabien Didier Yene pour la Charte Mondiale des Migrants et la caravane.
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LES ASSEMBLEES DE CONVERGENCES
Lors du FSM de
Dakar, la migration a constituée une des thématiques centrales grâce aussi à
l’organisation de l’Assemblée mondiale des migrants juste avant le Forum.
On le remarque
dans le texte de l’Assemblée des Mouvements Sociaux[9]
où la liberté de circulation fait partie des revendications prioritaires.
En plus des
personnes en venant de l’Assemblée, des nombreuse militants et associations ont
porté et organisé plusieurs rencontres et débats sur la thématique.
Ces rencontres
ont donné lieu à quatre déclarations finales rassemblée lors d’une Assemblée de
convergence sur la thématique migration, organisé le samedi 11 février 2011[10].
Ci-dessous nous
vous proposons les quatre déclarations et la « Déclaration finale de
l’Assemblée des Assemblées ».
Déclaration
finale de l’Assemblée de Ponts pas des Murs - ??? - Déclaration pour les droits des migrants et des relations entre
migrations et développement (adoptée par l’Assemblée de convergence pour
l’action du 11 février 2011 – DPPDM)
Déclaration pour une Mobilisation pour la liberté de circulation
(adoptée par l’Assemblée de convergence pour l’action du 11 février 2011 –
Emmaüs International)
Les organisations
signataires, réunies au Forum Social Mondial de Dakar, s’accordent sur les
propositions suivantes issues des ateliers tenus sur la libre circulation des
personnes dans des conditions dignes, objectif crédible et nécessaire, et solution pour un monde
citoyen et solidaire.
Ces propositions peuvent
s’articuler avec d’autres productions du Forum de Dakar sur la question des
MIGRATIONS.
PROPOSITIONS POUR L’ACTION :
A
→
Combattre les idées reçues et la stigmatisation, rétablir la vérité, informer
et sensibiliser sur la Libre Circulation pour changer les mentalités
Impliquer
les migrant(e)s et leurs associations en partenaires à part entière dans toutes
les initiatives d’information et de sensibilisation
Inventer
et utiliser des outils pédagogiques adaptés (jeux, argumentaires, guides,…) qui
valorisent les migrations
Multiplier
les débats d’information et de sensibilisation des citoyens et des acteurs
socio-économiques et politiques
Médiatiser
ce sujet autrement pour changer la vision sur les migrations et pour permettre
un débat serein, argumenté et raisonné.
B
→
S’appuyer sur le droit et le faire respecter
En le faisant appliquer
Faire
valoir les droits économiques, sociaux et civiques des migrant(e)s, sur un pied
d’égalité avec les autres
citoyens, dans les pays d’origine et d’installation ; aller vers une
citoyenneté de résidence et vers
la régularisation des personnes sans papiers qui la demandent
Se
mobiliser partout pour faire respecter et appliquer les droits et conventions
existantes protecteurs des migrant(e)s, et faire évoluer ces droits à tous les
niveaux en leur faveur
Informer
et former les migrant(e)s sur leurs droits (notamment par des guides
pratiques de vulgarisation, des outils pédagogiques et l’appel à des
témoignages de migrants)
En le faisant évoluer
Faire
ratifier la convention internationale des N.U. sur les droits des travailleurs
migrants et leurs familles
Faire
valoir tout particulièrement les droits des femmes migrantes victimes de
discriminations spécifiques
Faire
obstacle à toutes politiques répressives, d’externalisation (Frontex) et
d’enfermement ; humaniser
l’accueil des migrant(e)s (sensibiliser les ambassades à refuser les
laissez-passer de reconduite, combattre les accords de réadmission,….)
Dénoncer
l’externalisation des frontières européennes et les conditions d’enfermement
dans les centres de rétention.
Abandonner
toute politique d’immigration choisie
C
→
Aller concrètement vers la Libre Circulation Mondiale des personnes :
En portant cette question à l’agenda international
Réunir
les acteurs associatifs et syndicaux et les réseaux internationaux travaillant
sur la Libre Circulation des personnes pour des convergences dans l’action
Constituer
un espace international reconnu de discussion, de mobilisation, de gouvernance avec tous les acteurs
concernés (associations de migrant(e)s, ONG, acteurs socio-économiques et
politiques syndicats, agences onusiennes…)
Activer
les différents leviers de saisie des Nations Unies (ECOSOC, directions
expertes,…) pour promouvoir la libre circulation des personnes et faire
remonter les propositions pour la défense des droits des migrant(e)s jusqu’aux
instances des Nations Unies et mener des actions de plaidoyer pour une
gouvernance mondiale de la question
En (s’)appuyant (sur) des initiatives internationales innovantes
Organisation
d’une conférence internationale « Libre Circulation des
personnes »
Promotion
de la Charte Mondiale des Migrants
Soutien
au « Passeport de citoyenneté universelle »
D
→
Rétablir une relation saine et éthique entre Migrations et Développement
En
s’appuyant sur le principe Que nous sommes tous acteurs de développement là où
nous sommes
Lutter
contre les accords qui conditionnent l’aide au développement aux contrôles
migratoires
Appuyer
et valoriser les pratiques de bonne gouvernance à tous les niveaux (démocratie,
participation, transparence…) qui favorisent à la fois l’aide au développement
et la libre circulation des personnes
Encourager
partout les mesures d’appui au développement, individuelles (par exemple en
soutenant les initiatives autonomes des migrants, en particulier celles des
femmes et des jeunes) et collectives
(par exemple en facilitant l’accès des organisations locales aux financements)
Exiger
des dispositifs de transferts internationaux financiers justes et transparents,
de lutte contre l’évasion fiscale et les « biens mal acquis » et pour
améliorer les conditions de transferts de fonds des migrants
Combattre
l’immigration choisie qui draine les compétences nécessaires au développement.
Les organisations parties
prenantes s’engagent à travailler de manière concertée à la réalisation de ces
propositions, selon leurs capacités d’implication et de mobilisation
respectives. Un point d’étape de la mobilisation sera opéré au prochain FSM.
Elaboré le 10 février 2011
dans le cadre du Forum Social Mondial de Dakar.
Avec la Libre Circulation
des Personnes, un autre monde est possible !!
ORGANISATIONS
parties-prenantes : Emmaüs International, Secours Catholique / Caritas
France, Mouvement Utopia, France Libertés, La Charte Mondiale des Migrants, La
Cimade, Enda Tiers Monde, ATTAC, FASTI, Réseau Des Ponts Pas Des Murs
ORGANISATIONS
additionnelles (en cours de vérification): CCFD, ONG Pacte, GRDR, Scouts du
Sénégal, KAIROS Europe, MANI TESE, Forum Social Local d’Aubervilliers, RAME,
CNOSCG, Forum Européen des Citoyens, ADESEN, Rencontre et Développement, FSU,
CRID, RITIMO, LALIANE, Union Syndicale Solidaire, ASFP, DLP, GWI/PCA, USWA,
Amis de la Vie, Synergie Paysanne, SIDI, Forum Gardois des Migrants, Collectif
Pêche et Développement, INAISE, Peuples Solidaires, ARK, GADERKAF, CARITAS, Médecins
du Monde.
Déclaration de mobilisation pour une journée mondiale des migrants (adoptée par l’Assemblée de convergence pour l’action du 11 février 2011 - ARCI)
Le Forum Social Mondiale de Dakar, en accueillant les
propositions du Forum Social Mondiale de l’Immigration de Quito[11]
et celles du Forum de Dakar et de la Charte Mondiale des Migrants signée
à Gorée le 11 février 2011, propose une journée d’action globale le 18
décembre 2011 contre le racisme et pour les droits, l’égalité et la dignité des
immigrées, des refugiées et des déplacées exige la ratification et
l’application de la Convention des Nations Unies pour les droits des travailleurs
immigrées et des membres de leurs familles la liberté de circulation et
le droit de permanence le fermeture des centres de détention des migrants
et l’annulation de tous les accords et les programmes qui violent
les droits humains aux frontières dénonce les conséquences des
politiques d’exploitation néo coloniale et néo libériste revendique le
protagoniste des migrants en tant que acteur social et politique pour une
citoyenneté universelle.
Appel de Dakar à la mobilisation face aux G8 et G20 en France en 2011[12] - « LES PEUPLES D'ABORD, PAS LA FINANCE »
Face au G8, les 21 et 22 mai 2011 au Havre
Face au G20, du 31 octobre au 5 novembre 2011 dans
les Alpes Maritimes
Réunis à Dakar dans le
cadre de l'assemblée de convergence pour l'action G8/G20 du forum social
mondial, nous, mouvements sociaux, syndicats, associations de solidarité
internationale, femmes et hommes de tous les continents appelons à une large
mobilisation populaire lors du G8 des 26-27 mai à Deauville et du G20 des 3-4
novembre à Cannes. A Dakar, nous avons débattu sur la manière de faire face aux
crises sociale, écologique, économique et géopolitique qui, ensemble,
constituent une véritable crise de civilisation.
Le G20 est constitué de 20
pays parmi les plus riches au mépris de tous les autres. Il s'est autoproclamé
garant de la stabilité économique et financière mondiale au lendemain de la
tempête financière de 2008, mais n'a en rien protégé les peuples de cette
grande crise. Au contraire, il a maintenu la dictature de la finance qui
déploie son emprise sur tous les aspects de notre existence : logement,
travail, éducation, agriculture, climat, retraites, connaissance,
biodiversité... Par son action, il renforce les acteurs et les mécanismes à
l'origine de ces crises, tout en faisant payer la note aux citoyens.
Nous savons que des
réponses solidaires et démocratiques à la crise mondiale ne viendront pas des
dirigeants des pays les plus riches, mais des peuples eux-mêmes. Nous refusons
de laisser aux puissants le droit
d'imposer leurs solutions à des crises qu'ils ont engendrées.
C'est pourquoi, nous
appelons à faire des G8 et G20 en France des moments de convergence de toutes
les résistances : luttes contre l'opacité et la dérégulation de la
finance, contre la dette illégitime au Nord comme au Sud, contre les politiques
d'austérité et pour les services publics, contre les fausses solutions au
changement climatique et pour des modes de production et de consommation qui
préservent la planète, contre la précarité et pour un travail décent, contre la
spéculation sur les matières premières et pour la souveraineté alimentaire,
contre les dictatures, la militarisation et le colonialisme et pour les droits
démocratiques des peuples...
Nos mouvements font la
démonstration par leurs pratiques et leurs propositions que des voies
alternatives existent. L'accès de tous aux droits humains fondamentaux et la
protection de notre planète passent par un juste partage des richesses,
d'autres modes de développement et une gestion démocratique des biens communs.
A l'occasion de la tenue
des sommets du G8 et du G20 en France, nous appelons au rassemblement des
mouvements, réseaux et organisations. Nous nous appuierons sur la diversité et
la complémentarité de leurs formes de réflexion et de leurs modes d'action pour
organiser diverses initiatives pour une vaste mobilisation citoyenne
internationale.
Déclaration finale de l ‘Assemblée des Assemblées
[1] Article écrit par Gustave Messiah, disponible sur :
http://www.forumsocial.info/spip.php?article3
[2] Charte de Principes du Forum Social Mondial : http://www.forumsocialmundial.org.br/main.php?cd_language=3&id_menu=4
[3] Article
écrit par Gustave Massiah et Nathalie Péré-Marzano, représentants du CRID au
Conseil International du Forum Social Mondial - Décembre 2010 -
http://www.reseau-ipam.org/spip.php?article2254
[9]
http://fsm2011.org/fr/actualite/assemblees-de-convergence-pour-laction-0
[10] www.mobilisationsg8g20.org
[4] Article
écrit par François Daury, disponible sur le site de la CMM : http://www.cmmigrants.org/goree/spip.php?article24
[5]
http://www.mouvementutopia.org/blog/
[6]
http://www.emmaus-international.org/
[7]
http://www.france-libertes.org/
[8] Inspiré
par l’article du Réseau Afrique-Europe Interact disponible sur : afrique-europe-interact.net/index.php?article_id=214&aid=413
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